La récente victoire de Berlusconi va provoquer une opposition de masse.

Les élections législatives italiennes qui viennent d’avoir lieu, après seulement 20 mois d’un faible gouvernement de centre gauche, ont vu une victoire confortable du parti de Silvio Berlusconi.

La Ligue du Nord (extrême-droite) a doublé ses sièges alors que la nouvelle alliance de “gauche-arc-en-ciel” n’a pas réussi à avoir un seul représentant…

C’est un échec retentissant pour son chef de file, Fausto Bertinotti, qui quitte ainsi la vie politique. Depuis la première guerre mondiale, c’est la première fois qu’un parlement italien démocratiquement élu ne comprend ni socialiste ni communiste !

C’est une punition qui sanctionne le fait que le PRC (Partito della Rifondazione comunista, formé en 1991 en réponse à la dissolution du vieux Parti Communiste et dont Fausto Bertinotti était le dirigeant) est allé vers la droite. Les dirigeants du PRC se sont de plus en plus engagés dans des coalitions gouvernementales avec des partis capitalistes, sans aucune discussion interne, pour finalement former une coalition amorphe avec les verts et les sociaux démocrates : la gauche-arc-en-ciel. Ils ont ainsi perdu 75% de leurs voix combinées comparé à 2006 et n’ont récolté que 3% des suffrages !

 

Une leçon d’importance…

Bien que notre internationale ait toujours fait preuve d’esprit critique, pour beaucoup de personnes, le PRC était une référence à gauche. La participation du PRC à un gouvernement capitaliste s’est terminée en désastre pour ce parti et ses partisans. C’est une leçon d’importance à retenir pour les dirigeants des mouvements anticapitalistes se développant dans d’autres pays comme « Die Linke » en Allemagne ou le Psol au Brésil.

Maintenant, ce sont les travailleurs qui vont devoir payer le prix de la troisième victoire du magnat des médias, Silvio Berlusconi. L’Italie est déjà financièrement aux abois avec la plus grande dette nationale d’Europe. Et ce, avant même d’être frappée par les effets de la crise économique.

Un des proches de Berlusconi a d’ailleurs promis que l’économie serait soumise à une « thérapie de choc » pour favoriser les patrons. La déroute de ce qui devait être un pôle de résistance à gauche du nouveau Parti Démocrate a laissé les travailleurs italiens sans représentation politique. Une voix doit se faire entendre : un nouveau parti regroupant les travailleurs et la jeunesse est nécessaire pour contrer la politique antisociale que le nouveau gouvernement ne manquera pas d’instaurer.

Berlusconi semble avoir triomphé une fois de plus mais, comme Sarkozy, il pourrait voir rapidement sa cote de popularité retomber. Cette victoire ne sera pas une répétition de celle de 2001. La situation économique mondiale a changé et il y aura des attaques toujours plus dures contre les travailleurs.

 

 

Article par CLARE DOYLE

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