Troupes françaises hors du Tchad

Depuis son indépendance en 1960, le peuple tchadien est au prise avec l’impérialisme français : les troupes françaises occupent le pays depuis 1965 intervenant systématiquement (1978, 1983 avec l’opération Manta, 1986 avec l’opération Epervier, 2006 et 2008, etc.) dans la politique intérieure du pays pour faire ou défaire les despotes corrompus. Il y a actuellement 1400 militaires français au Tchad. L’histoire contemporaine du Tchad est aussi celle des conflits régionaux avec la Libye et maintenant avec le Soudan et des guerres civiles opposant dictateurs en place contre des chefs de guerre qui rêvent de les remplacer. Quoi qu’il en soit, c’est le peuple tchadien qui subit toujours, qui vit dans l’extrême misère et qui crève sous les balles des militaires tchadiens, des troupes impérialistes françaises et des rebelles…

    Pour preuve les combats entre forces régulières d’Idriss Déby, arrivé au pouvoir suite à un coup d’Etat en 1990, et les 1200 rebelles, qui avaient investi le centre de Ndjamena (la capitale), ont tué des centaines de civils et fait plus d’un millier de blessés. Au moins 30.000 personnes ont fui les combats vers les pays limitrophes et un grand nombre d’infrastructures ont été détruites.

Un conflit régional

    Ce conflit au Tchad est lié à la guerre civile qui fait rage au Soudan voisin depuis 5 années et qui a fait plusieurs dizaines milliers de victimes civiles. D’ailleurs, chaque gouvernement, celui du Soudan comme celui du Tchad, s’accusent mutuellement de favoriser les rebellions et de tenter des coups d’Etat dans l’autre pays. Il semble en effet que les rebelles tchadiens sont soutenus par le gouvernement soudanais d’Omar el-Béchir. Le gouvernement de Khartoum voit dans l’élargissement du conflit au Tchad un moyen de stopper, sinon de ralentir, le déploiement des 5500 militaires de l’Eufor ou des 27.000 militaires de l’Union africaine, afin de pouvoir continuer les bombardements des villages du Darfour.

    Par ailleurs, l’attaque des rebelles a interrompu le versement des 300 millions de dollars d’aides aux réfugiés du Darfour qui étaient administrés via le Tchad, mettant les victimes de cette sale guerre dans une situation un peu plus difficile ou désespérée, d’autant que le Premier ministre tchadien a accusé les réfugiés de soutenir les rebelles en appelant à leur expulsion vers le Soudan !

    Idriss Déby (l’un des dirigeants les plus corrompus d’Afrique, qui s’enrichit grâce à la manne pétrolière) n’est certes pas innocent, puisqu’il encourage de son côté la rébellion au Soudan.

La patte de l’impérialiste

    Sarkozy et son gouvernement, en particulier les ministres impliqués dans ces affaires (Défense, Affaires Etrangères) n’ont pas perdu les vieilles habitudes coloniales qui prévalent depuis plus d’un siècle dans la région. On se rappelle l’attitude de colon de Sarkozy au moment de l’affaire de l’Arche de Zoé. Le conflit a permis une nouvelle fois à l’impérialisme français de reprendre la main dans cette région. Sans aucun doute, l’armée française est intervenue (en fournissant armes et munitions, en indiquant à l’armée tchadienne l’emplacement des rebelles grâce à ces moyens techniques de surveillance et de reconnaissance, et en participant directement aux combats sous couvert de protéger les ressortissants français) à un moment ou Ndjamena était en grande partie sous le contrôle des rebelles, sauvant ainsi  la mise à Déby. Le président tchadien doit en retour servir les autorités françaises. L’amnistie des membres de l’Arche de Zoé annoncée est certainement l’une des premières contreparties.

    D’autres suivront, certainement plus substantielles pour le capitalisme français (comme des contrats pour des entreprises françaises, liés à l’extraction du pétrole par exemple), d’autant qu’il était en perte de vitesse dans la région, face aux entreprises chinoises et américaines : en 2003 un pipeline traversant le Tchad et le Cameroun pour atteindre la Côte atlantique a été mis en service, impliquant ExxonMobil, Chevron et Petronas, ainsi que la Banque mondiale.

Bas les pattes devant le peuple tchadien !

    Le déploiement de forces armées étrangères et des pays impérialistes dans la région (au Tchad comme au Soudan) ne permettra pas de résoudre les conflits. Au moment même où les forces des Nations unies se déployaient, le gouvernement soudanais faisait bombarder des villages du Darfour poussant 12.000 personnes à fuir vers le Tchad. De plus on connaît le rôle des troupes françaises stationnées au Tchad : protéger les dictateurs qui servent les intérêts des grands groupes capitalistes et qui se comportent comme des préfets de L’Elysée. Jais jamais ils n’interviennent pour défendre les intérêts du peuple tchadien. Ce qui est vrai pour les troupes françaises au Tchad, le sera tout autant pour des armées venant de n’importe quel pays, surtout impérialistes, au Tchad comme au Soudan.

    La seule solution, c’est que le peuple du Tchad et du Soudan, travailleurs et paysans, s’organisent et se débarrassent de tous ceux qui les exploitent et les poussent à s’entretuer. Leur seule chance est d’établir  le socialisme !

Article par YANN VENIER

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