Forum Economique Mondial en mode mineur…

Les réunions flamboyantes des années précédentes semblent être choses du passé. De plus, il n’y a pas besoin de protestations faites de l’extérieur pour mettre en question le système. Les doutes au sujet du capitalisme et du fonctionnement de ce système ont en effet trouvé leur place parmi les participants au Forum Economique Mondial, la grand-messe du capitalisme international.

Chaque année, un groupe de patrons et de chefs d’Etat se rassemble à Davos, en Suisse. Cette réunion est l’évènement public le plus important pour la défense du marché ‘libre’ et du capitalisme. L’euphorie et l’autosatisfaction des années passées doit maintenant céder la place au doute et aux sombres perspectives pour la période à venir. L’année passée, des économistes de renom comme Nouriel Roubini étaient encore isolés avec leurs avertissements pour une crise. Aujourd’hui, son opinion est attendue avec impatience. Une comparaison entre le FEM de cette année et celui de l’an dernier démontre clairement à quelle vitesse fait rage la dépression économique.

Le contexte du FEM est fait de maintes mauvaises nouvelles économiques. Un rapport de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) met en garde: il est très possible qu’en 2009 disparaissent 51 millions d’emplois mondialement à cause de la dépression économique. Ce rapport a été publié le même jour que les nouvelles perspectives du Fond Monétaire International. Cette institution prévoit une croissance économique de 0,5% en 2009, ce qui veut dire que l’économie mondiale stagnera et connaîtra même une croissance négative (la croissance de la population est supérieure à 0,5%). Une telle croissance serait la plus basse depuis la seconde guerre mondiale…

Ces prédictions auront leur impact sur les discussions du FEM, entraînant une ambiance davantage portée sur celle que l’on peut trouver aux enterrements, aux antipodes des grand-messes extravagantes précédentes (ceici dit, une quote-part de 28.228 euros est demandée comme contribution de membre en plus des 13.287 euros d’inscription..). Les 2.500 participants se sont vus donner le ton par le discours inaugural prononcé par le Premier ministre Russe Poutine (il s’en est failli de peu que nous écrivions « président »). Malgré les conflits gaziers avec l’Ukraine, Vladimir Poutine a parlé à l’assemblée d’isolationnisme, de repli des nations sur elles-mêmes.

Des absents remarqués étaient les représentants de Lehman Brothers ou le CEO de Merril Lynch, John Thai. Par contre, beaucoup de politiciens et de chefs d’Etat – entre autres le Premier ministre Van Rompuy, le ministre-président de la Région flamande Peeters ou encore le ministre De Gucht – participent au FEM est une expression du changement de rôle des gouvernements dans la gestion de l’économie. Aujourd’hui, le monde des affaires se dirige vers les gouvernements pour pouvoir collectiviser les pertes avec les moyens financiers de la collectivité pour que le secteur privé puisse plus facilement ensuite récolter des bénéfices.

Le Forum Economique Mondial n’avait pas prévu cette dépression économique, tous les commentateurs sont d’accord sur ce point. De ce fait, ils admettent que les stratèges du capitalisme et les responsables de ce système n’étaient pas capables de prévoir ou de comprendre le développement de leur propre système. Comment seraient-ils alors en mesure de mettre en avant des solutions?

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