Belgique (2)

Le même air, toujours et partout

107. Le patronat ne pourrait pas tenir le discours évoqué ci-dessus, s’il ne s’était pas approprié lui même chaque brique de la société. L’enseignement doit être orienté vers le marché du travail. La mobilité doit rapporter. Même la collecte des déchets, pour laquelle nous payons tout de même des impôts communaux, doit remplir quelques poches fortunées à gauche et à droite. Saint, solide, efficace, rentable… ne se rapportent pas au nombre de besoins satisfaits, mais seulement aux bénéfices produits indépendamment des drames sociaux qui s’ensuivent. Les médias qu’ils soient publics ou privés, la presse populaire et de qualité nous ressassent toujours les mêmes refrains jusqu’à ce qu’on le chante tous ensemble, comme lorsqu’on se met à siffler un air parfois pendant une heure sans savoir où on l’a ramassé. Les journalistes qui se montrent un peu critiques contre ce refrain se font taper sur les doigts et mettre sur une voie de garage.

108. La stratégie du patronat est en essence : diviser pour régner. Pour rendre cela possible, il dispose d’une série d’instruments sous la forme de médias, de lobbyistes, d’ “experts”, de loges religieuses ou non religieuses, etc. Ils disposent également de partis politiques qui disent tous la même chose sur le fond, mais avec des accents différents pour préserver une apparence de diversité. On peut comparer cela avec le vaste choix de poudre à lessiver que l’on trouve dans les supermarchés ou de marques de voitures, qui donnent l’illusion d’avoir de larges possibilités de choix. De la même manière que certains produits sont destinés à des segments déterminés d’une clientèle, les partis politiques répondent à des points d’intérêts différents, mais il n’y a plus de différence fondamentale. Tous les partis représentés au parlement, y compris le Vlaams Blok et les Ecolos, ont accepté la logique néo-libérale. Quelques exemples.

Rentabiliser les entreprises d’État

109. Aucun de ses partis ne conteste que les entreprises d’État doivent être rentables. On part de l’estimation que les services publics sont inefficaces et que leur libéralisation et leur privatisation se fera au final pour le plus grand bonheur du consommateur. Belgacom a enregistré l’an dernier un bénéfice net de 959 millions € (111), dont quelque 500 millions ont été distribués aux actionnaires. Le topmanager Bellens “gagne” quotidiennement l’équivalent de 6 salaires mensuels d’un membre du personnel. Entre 1996 et juin 2005, le personnel a été réduit de 24.309 à 13.569 unités. Cela coûte au contribuable quelque 250 millions € en allocations et en pertes de revenus fiscales et parafiscales.

110. 35.000 personnes travaillent encore à la Poste, soit 9000 de moins qu’il y a dix ans. Le personnel d’Electrabel a manifesté durant Batibouw contre le non-respect de la sécurité d’emploi, inscrite depuis 40 ans dans les conventions collectives. Cela s’est produit lors de participation gouvernementale du PS et du SPa, avec à tour de rôle le CD&V, le CdH, le MR, le VLD, Vivant, Spirit, la Volksunie, Agalev et Ecolo. Le Vlaams Blok, le FN et le NV-A ne peuvent pas nous prouver qu’ils s’opposent à cette politique, mais au contraire, qu’ils en feraient un peu plus.

111. En matière de prestation de services, la libéralisation laisse également à désirer. Après les nombreuses pannes d’électricité à la fin de l’année dernière, Freddy Willockx, bourgmestre de Saint-Nicolas, se demandait s’il “vivait en Amérique Centrale ou en Europe Occidentale” (112) 36.000 familles se sont vues résilier leur contrat par leur fournisseur d’électricité et sont tombées dans le filet social des distributeurs. C’est une augmentation de 7,5% par rapport à 2004. (113) On parle maintenant ouvertement de l’échec de la libéralisation du marché de l’énergie. Pas en raison des situations sociales évoquées plus haut, mais parce qu’Electrabel a renforcé sa situation monopoliste, par la fusion de sa société mère Suez avec Gaz de France. Le président du SPa Vande Lanotte connaît la solution: “Nous devons recommencer la libéralisation du marché de l’énergie”.

112. Groen ne remet pas en question la libéralisation du marché de l’énergie, mais veut « mettre en place de nouveaux instruments créatifs dans la lutte contre la pauvreté énergétique ». Comme: permettre aux sociétés de logements sociaux de conclure des contrats de groupe pour l’électricité et le gaz. Ou donner la possibilité aux familles à bas revenus de louer des appareils ménagers à basse consommation. Ou encore introduire le système de tiers payant dans le secteur du logement social, afin de préfinancer des rénovations visant à économiser l’énergie. (114) Un succès annoncé.

113. Un autre exemple des bienfaits de la libéralisation pour le consommateur : désormais, les ruptures de caténaires de la SNCB ne sont plus seulement provoquées par les premiers gels, mais aussi par les premières chaleurs. Ils réagissent effectivement aux variations de température, c’est une loi physique. Mais on peut prendre des mesures pour limiter les dégâts. Maintenant, les caténaires sont encore contrôlées une fois par an. Ces contrôles et l’entretien doivent se faire de manière régulière et préventive. Les conséquences négatives des économies et des restructurations commencent à devenir claires. Pourtant, aucun des membres du conseil d’administration de la SNCB qui siègent au parlement ne remet en question sa libéralisation.

114. On pourrait présumer que la sociale démocratie et les Verts appuient sur le frein en matière de libéralisation et de privatisation. Il est incontestable que les libéraux, les chrétiens démocrates et les nationalistes flamands sont beaucoup moins nuancés sur les vertus de la libéralisation. Hélas, nous devons bien constater qu’aussi bien la libéralisation de Belgacom (Di Rupo) (115) , de la Poste et des chemins de fer (Vande Lanotte), la « marchandisation » de l’enseignement (Vanden Broucke) ou la réforme Copernic (Luc VdB) ont été réalisées par des ministres socialistes, qui sont apparus comme de meilleurs réformateurs que leurs homologues de droite, justement grâce à leurs liens historiques avec le mouvement ouvrier.

115. Les services publics absorbaient jadis ceux qui réussissaient moins bien à l’école, qui travaillaient moins vite, avaient peut-être des difficultés dans leurs contacts sociaux, voire un léger handicap. Les salaires, les primes de vacances et de fin d’année étaient plus bas que dans le privé, mais la sécurité de l’emploi, des bonnes équipements collectifs et une retraite décente compensaient cela. Depuis Georoute 1, 2 et bientôt 3, la libéralisation des chemins de fer et de Belgacom… Tout cela est du passé. La sécurité de l’emploi s’évanouit peu à peu. L’intérim et les contrats temporaires se chargent de filtrer les « fainéants ».

116. Pour ceux qui travaillaient jadis dans les services publics, on prévoit maintenant l’exclusion sociale, le temps partiel, les jobs superflexibles et mal payés, ou les petits boulots via les agences locales pour l’emploi. Celui qui n’est pas d’accord, on lui coupe ses allocations où on le rend impossible de s’en sortir avec cette allocation. Cela a été mis en place avec la collaboration de tous les partis. Nous ne devons pas seulement stopper la libéralisation des services publics, mais aussi renationaliser les services déjà privatisés et les refinancer.

L’ennemi ? L’autre communauté

117. Si après nous avoir dressés contre les immigrés qui minent nos salaires et nos conditions de travail, contre les femmes qui feraient mieux de rester à la maison pour laisser travailler les hommes, contre les chômeurs-profiteurs que nous finançons par nos impôts, contre les faux invalides, nous ne sommes pas encore prêts à accepter la démolition sociale, la bourgeoisie et ses laquais politiques ont encore une arme classique pour nous diviser : la surenchère communautaire. Chaque discussion politique a quelque part une coloration communautaire. Qu’il s’agisse de l’emploi, des services publics, de l’enseignement, du sport ou de la Justice. En matière de justice par exemple, on considère en Flandre que la Wallonie est trop laxiste en matière de criminalité, alors qu’en Wallonie on en déduit que chaque mesure a été inspirée par une dérive sécuritaire (116), sous la pression du Vlaams Belang.

118. Si l’on écoute n’importe quel politicien flamand, on peut penser qu’il y a une unanimité nationaliste en Flandre, qui aspire à une régionalisation plus poussée, reflétant l’opinion de la population flamande. Aussi bien en Flandre qu’en Wallonie, il apparaît pourtant que la population concernée n’accorde que peu d’intérêt à la politique communautaire. Dans les enquêtes préélectorales, les dossiers qui ressortent sont ceux du travail, des soins de santé, de la sécurité… On ne retrouve jamais dans le top 10 « plus d’autonomie pour les communautés ou les régions », ni en Wallonie, ni en Flandre., ni à Bruxelles. Alors qu’on était en pleine crise « BHV », une enquête (commendé par « Het Nieuwsblad ») a relevé que 84% des Flamands (et 92% des Wallons) étaient attachés aux maintient de la Belgique.

119. Si un homme politique veut se faire remarquer, le communautaire est un bon moyen. Leterme l’a compris. Dans le quotidien français Libération, il a expliqué « ironiquement » que les francophones ne disposaient pas des capacités intellectuelles pour apprendre le néerlandais, mais aussi que la Belgique ne survivait que grâce au roi, à la bière et au football. Si les francophones touchent à la frontière linguistique, menaçe-t-il, cela conduira à la suppression de la représentation égale des Flamands et des francophones au gouvernement fédéral, à la procédure d’alarme, etc. Di Rupo répondit que la position des Flamands de Bruxelles serait également revue et qu’une alternance serait exigée pour le poste de 1er ministre. De cette manière, chacun sait qui est l’ennemi : l’autre communauté.

120. En réalité, la majorité des Bruxellois se déclarent dans des enquêtes favorables à un enseignement bilingue, mais les politiciens flamands de Bruxelles s’y opposent. En Flandre, l’immersion linguistique est interdite par la loi linguistique et la connaissance du français recule parmi les jeunes. La réduction des moyens destinés à l’enseignement n’y est pas pour rien. L’attitude de la population travaillante face aux langues est toutefois déterminée essentiellement par les besoins du marché du travail. Selon Daoust, président du FEB : « Sur le marché du travail, l’unilinguisme se paye en cash. Les CVs des candidats unilingues ne sont même pas lus. » C’est ainsi que la majorité des Bruxellois flamands ont appris le français dans le passé. Le chômage élevé à Bruxelles (avec une grande proportion de chômeurs francophones unilingues) et en Wallonie explique les efforts pour encourager le bilinguisme, récemment e.a. aussi avec des cheques de langue offert par les autorités..

121. En mars 1999, le parlement flamand a voté à l’unanimité (sauf le Vlaams Blok) les résolutions suivantes : autonomie complète de la Flandre en matière de soins de santé, de politique de la famille, de coopération au développement, de télécommunications, de politique scientifique et technologique, plus d’autonomie fiscale et financière, autonomie constitutive complète, transfert de l’exploitation et de l’infrastructure du rail, solidarité objective et transparente avec les autres États fédérés, blocs de compétences homogènes en matière de justice et de police. Leterme (CD&V) exige une brèche sur cela et la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde, comme condition à une participation au gouvernement fédéral. Vande Lanotte (SP.a) a avancé la régionalisation du marché du travail comme condition et Moerman (VLD) plaida pour la régionalisation de l’impôt des sociétés, mais on ne sait pas encore comment cela doit se faire.

122. Les (petits) patrons flamands fédérés dans Voka et Unizo demandent en grande majorité, selon des enquêtes récentes, la régionalisation du marché du travail. Ils sont soutenus dans ce sens par un récent rapport de l’OCDE. La FEB qui représente pour sa part les grandes entreprises, s’exprime contre la régionalisation du marché du travail. Son président Daoust l’explique : « l’Unizo rassemble des entreprises qui sont souvent actives sur le plan local, uniquement en Flandre. Ils ne comprennent pas que deux ou trois législations différentes ne stimulent pas d’entreprendre ». (117) La FGTB et la CSC se sont exprimées contre toute régionalisation supplémentaire. Le leader de la CSC, Cortebeeck explique dans Le Soir (11/09/2006) que la régionalisation du marché du travail ne servirait pas les travailleurs flamands et allait endommager le tissu socio-économique.

123. Le front francophone est provisoirement un front défensive. Contre la scission de BHV, la plupart des politiciens francophones avancent l’élargissement de la Région bruxelloise et au minimum le maintien et l’ancrage des facilités. Les politiciens bruxellois refusent d’être l’enjeu du marchandage. Ils exigent surtout plus d’argent pour Bruxelles. La Belgique existe depuis presque 200 ans. Pourtant, il y a toujours eu de grosses différences entre les régions. Depuis le début du 20e siècle, il y a eu des voix des deux côtés pour plus d’autonomie régionale. Un solide nationalisme belge a eu seulement des heures de gloire durant les guerres.

124. Mais d’autre part, à aucun moment de l’histoire on a connu une situation – ni en Flandre, ni en Wallonie – où la majorité de la population se déclare en faveur d’une scission. Les mouvements nationalistes ont toujours soutenu majoritairement un programme de réformes à l’intérieur des structures de l’État belge. La bourgeoisie préfère une région linguistique ininterrompue pour faciliter le développement économique, mais aussi pour éviter le morcellement. En outre, la scission de la Belgique pourrait mener à un effet domino qui la bourgeoisie européenne verrait d’un très mauvais oeil. Et que faire de Bruxelles, qui sera aussi bien revendiquée par la Flandre que par la Wallonie?

Dans la riche Flandre, on manque de tout malgré l’excédent budgétaire.

125. Dans le passée les flamands ont lutté une lutte juste contre leur oppression dans la Belgique francophone. Le faite que le mouvement ouvrier socialiste n’y donnait à peine attention était une raison importante pour la croissance du mouvement ouvrier chrétien. C’était une erreur historique, qui a en plus poussé le sommet du mouvement flamand dans les bras de la droite et finalement de l’extrême-droite. Mais aujourd’hui la Flandre est devenu la région le plus riche du pays. Le mouvement flamand ne lutte plus pour la libération, mais veut elle même imposer sa propre culture de main dur. On ne peut pas soutenir ce revanchisme flamand, au contraire il faut lutter contre la chantage flamande qui met pression sur la Wallonie pour mener une politique encore plus asociale.

126. Qu’est que la régionalisation des compétences a d’ailleurs apportée aux travailleurs flamand? Budgétairement tout va bien: année après année des surplus sont obtenu. D’une part par la haute productivité imposé aux travailleurs flamands, d’autre part par le manque pénible de dépenses sociaux. Dans cette Flandre “riche”une maison de repos sur cinq n’a pas reçu une attestation de sécurité incendie, des centaines de bâtiments scolaires attendent déjà des années des travaux de réparation nécessaires, il y a des longues listes d’attente pour les soins des handicapés,… L’enseignement flamand, internationalement bien noté, est aussi champion international dans le maintien de l’inégalité sociale, résultat d’un enseignement à deux vitesses. Dans cette Flandre “riche” le fossé entre pauvres et riches grimpe de façon continue. Le site sur la politique de pauvreté de la Communauté flamande montre que 13% des flamands sont confronté d’un risque de pauvreté. Sur cinq ans 1 flamand sur 5 tombe dans une situation de pauvreté relative (un revenu bas pendant moins que trois années). A peu près 7% se trouve dans une situation de pauvreté de longue durée.

La Wallonie, des réformes structurelles au plan Marshall

127. En Wallonie aussi la régionalisation n’a pas donné beaucoup de bien pour les travailleurs et leurs familles. Là où le fédéralisme wallon, sous la direction du dirigeant syndical Renard, défendait dans son apogée la nécessité de reformes structurels (le programme FGTB en ’56), déjà rapidement seulement le fédéralisme restait, sur lequel joue depuis lors le PS de façon magistrale. La régionalisation ne pouvait pas contrer la désindustrialisation, ni le chômage et la pauvreté grimpante qui l’accompagnait. Aujourd’hui le plan Marshall néolibéral est sur le table. Il y a en plus des voix en Wallonie – dans les milieux politiques, mais aussi académiques – qui voient la solution du problématique économique dans la diminution des salaires en comparaison avec la Flandre. Et bien que le PS peut encore se mettre en travers de cela, elle ne voit elle aussi aucune autre solution que la soi-disante “modernisation” du marché du travail.

128. Sous “modernisation” il faut comprendre: un démantèlement aussi forte que possible de l’emploi dans les services publics (où les emplois à temps plein et les contrats fixes sont le norme) et la flexibilisation du marché du travail par le développement des emplois insécures, temporaires et à temps partiel, avec des salaires bas, surtout dans le secteur des services. Fin 2005 il y avait déjà à peu près 8.700 travailleurs en Wallonie employés avec des titres-services et leur nombre continue à augmenter. Bien que sur ce marché du travail “moderne” plus de gens travaillent, le sous-emploi y est une chose normale. Avec une développement ultérieure de cela on arrive dans une situation américaine où un travailleur doit combiner deux à trois emplois à temps partiel pour avoir une salaire complète.

Bruxelles : capital européen avec le plus de pauvres

129. Et puis il y a Bruxelles. Le chômage y est comparable avec quelques région de l’Europe Oriental: 21% avec un chômage des jeunes de 35%. Presque deux tiers des chômeurs complets ayant droit à une allocation ont une scolarisation basse. En septembre ’05 69% des chômeurs étaient déjà au chômage pendant au moins un an et 48% pendant au moins deux années. Un sur trois des chômeurs de longue durée vit en dessous du seuil de pauvreté, juste comme un sur quatre des pensionnés. Presque 30% des enfants bruxellois sont élevés dans une famille sans revenu de travail. Tout de même la politique bruxelloise est dominée par les querelles communautaires. Aucun des partis bruxellois défend une programme qui s’en prend prioritairement à la pauvreté, des avantages pour “la propre communauté” sont devant.

La nécessaire unité du mouvement ouvrier belge

130. MAS/LSP ne défend pas à tout prix l’unité de la Belgique. Mais tant que l’état belge existe, l’unité du mouvement ouvrier belge est une nécessité absolue pour maintenir et élargir les acquis du passé. Ces terrains où la régionalisation a déja mené à des actions séparés du mouvement ouvrier, par exemple l’enseignement, sont caractérisés par le recul et des défaites. La scission de la centrale du métal de la FGTB ne prédise rien de bien pour les métallos. Dans cette scission l’opinion des militants de base du CMB n’a été d’ailleurs à peine consulté. Nous revendiquons une fin à tous les harcèlements et tous les mesures qui mènent à la séparation des communautés, les harcèlements flamands et francophones contre et des tentatives d’exclusion de l’autre communauté à Bruxelles et dans la périphérie bruxelloise, mais aussi en Wallonie envers la Communauté Germanophone.

131. Nous revendiquons l’accès de tous les services dans les langues nationaux dans ces régions où des différentes communautés vivent ensemble et où ce besoin se pose. Nous nous opposons donc contre les tentatives pour affaiblir la bilinguité des services à Bruxelles et contre les infractions nombreuses des droits des francophones dans la périphérie de Bruxelles ( et les tentatives de quelques majorités francophones de s’attaquer aux droits des flamands). Nous revendiquons des facilités entre autre sur le plan de l’enseignement supérieur pour les germanophones dans la province de Liège, mais aussi que les francophones dans la Communauté Germanophone peuvent suivre l’enseignement en français dans l’infrastructure de l’enseignement actuelle. 132. Les patrons ne peuvent pas revendiquer des conditions linguistiques s’ils ne les payent pas. La bilinguité (ou la plurilinguité) qui est utilisé dans un emploi doit être rémunéré par augmentation du salaire. Les chômeurs belges ne sont pas coupable de leur unilinguité, qui suffit d’ailleurs dans la plus grande partie du monde pour trouver un emploi. Si les patrons veulent des travailleurs bi- ou multilingues, ils doivent offrir des cours de langues pendant les heures de travail et financé par eux. L’état doit elle même offrir des cours de langue gratuits aux travailleurs qui veulent les suivre et doit soutenir les cursistes avec une salaire étudiant qui couvre les dépenses supplémentaires (transport, accueil des enfants, dépenses plus hautes pour la nourriture et les boissons,…).

134. Pour Bruxelles et la périphérie il n’y a pas une solution pensable si les prix de logement continuent à y être si hauts. Un programme à grande échelle de construction de logements sociaux et rénovation de la ville, en concertation étroite avec les habitants, est une nécessité absolu pour donner l’opportunité à tout le monde qui veut continuer à vivre dans la région de le faire. Pas de scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde, pas d’élargissement de la Région bruxelloise si le droit de travail et de services dans sa propre langue ne sont pas garantis.

135. Pour réaliser cela il faut beaucoup plus de moyens, une revendication pour laquelle aucun parti, flamand ou francophone, veut lutter. Pour mener la lutte pour les moyens – pour diminuer les profits approprié par l’élite en faveur des salaires, des dépenses sociaux et des services publics et pour finalement arriver à l’appropriation par la population travaillante de sa richesse produite par la nationalisation des secteurs clés de l’économie – la classe ouvrière belge doit construire son propre parti, qui défend les intérêts de tous les travailleurs et qui est indépendant des partis qui querellent sur le plan communautaire et de la bourgeoisie qui mène une politique de diviser pour régner.

Le Vlaams Belang et le populisme de droite

136. La confusion idéologique d’après la chute du stalinisme, la capitulation totale de la social-démocratie et la manque d’une alternative assez énergique de la part du mouvement ouvrier a laissé une espace qui a été utilisé par des formations populistes, de droite à l’extrême-droite et dans quelques cas – comme le Vlaams Blok et le FN – néofasciste, mais toujours sur base de populisme. Dans des textes de perspectives dans le passée on est déjà rentrée de façon élaborée sur la naissance, la croissance, la signification et le caractère exacte de ces formations et comment mener la lutte contre eux . Il ne faut pas le répéter ici.

137. Les études et sondages qui annoncent le chant du cygne du Vlaams Belang précèdent déjà des années à chaque nouvelle élection. Chaque minuscule dissidence est – surtout dans De Morgen – élargi comme si le big bang est sur l’agenda, le maximum “sociologique” doit à chaque fois être déplacé. N’importe ce que prétendent les politiciens traditionnels, les pasteurs, les académiciens et les nombreux ténors subventionnés de l’anti-racisme et des chances égaux, la réalité les rattrape à chaque fois. La justice, les plumitifs, les média visuels et les flamands connus ne vont eux tout aussi peu mater le Belang. En faite le Vlaams Belang est elle même surprise du peu d’effet qu’ont tous ces campagnes moralisants. Ils ont interdits aux troupes de prêcher encore le négationnisme, ils essayent dans la mesure du possible de pousser sur l’arrière-plan les hooligans, les incendiaires, les dealers de drogue, les auteurs de violence conjugale et les pédophiles sans les laisser tomber, aussi parce tôt ou tard ils ont besoin de ces “soldats”.

138. Pour les électeurs chaque condamnation ne mène par contre au plus à un haussement d’épaules. Pourquoi choisir comme cible ceux du Belang si les patrons et les politiciens traditionnels nous pressent, nous arnaquent et nous abusent tous les jours de façons légales et illégales? Pourquoi croire les médias si on voit et si on entend comment ils écrivent et rapportent sur nos salaires et nos allocations, nos conditions de travail, nos luttes? Où on le cherche de mettre en avant comme autorité les juges désincarnés et toujours déguisés, qui ne réussissent jamais de condamner l’establishment ou les vrais escrocs. Est-ce qu’on ne sait pas que ces même juges nous ruinent pour le moindre petite faute?

139. Un fou raciste, évidemment le neveu d’un élu du Belang, qui fait son tour meurtrier en Anvers. Ça choque, mais est-ce que les autres partis n’ont jamais réglés les comptes avec leurs opposants politiques de façon meurtrière? Et Julien Lahaut ou Patrice Lumumba? Et cette récupération honteuse par le bourgmestre Janssens, A est à nous, mais plus à l’un qu’à l’autre. Est-ce Janssens ne voit pas qu’il a deux Anvers? Où est-ce qu’il ne veut pas le voir?

140. Des skinheads qui défigurent des immigrés à Bruges et Tienen? La police les connaît, pourquoi en faire un jeu et pourquoi ne pas simplement les arrêter pendant un de leurs commémorations d’Hitler transvasés royalement par la bière et d’autres drogues? Les électeurs du Belang ne votent pas pour le programme réactionnaire du Belang, non plus pour une diminution des charges de 6 milliard euro comme le Belang a proposé sur son congrès économique, mais contre la hypocrisie des politiciens traditionnels, contre le fait qu’ils semblent bagatelliser les problèmes dans les quartiers et les entreprises. Un nombre de “crétins” de l’entourage du Belang qui jouent la guerre et prêchent la grande révolution nationale à main armée, et le meurtre par Van Temse et les attaques des skinheads peuvent temporairement freiner le succès électoral du Belang, mais pas plus que ça. Tant que des couches larges de la population sont exclues et insultées sans qu’ils sont offertes un instrument pour la lutte, le Belang va rester un facteur électoral important.

141. La seule manière de neutraliser le Belang sans changer de façon drastique la politique néolibérale, peut être de le démasquer et le rendre complice pour cette politique. On pense pouvoir conclure cela de l’expérience avec le FPÖ en Autriche. C’est sans doute par cette réflexion que 68% des entrepreneurs flamands s’expriment contre le cordon sanitaire pendant que seulement 24% se prononcent pour. (120 Les partisans du cordon sont trouvés surtout chez les jeunes dirigeants d’entreprises et dans l’industrie, au premier lieu dans les entreprises avec plus que 50 travailleurs (44%). Que c’est surtout les grandes entreprises qui soutiennent le cordon ne doit pas étonner: ils ont dans le plupart des cas des sections dans tout le pays et pas comme beaucoup de PME’s seulement en Flandre, ils sont opposés au séparatisme et souvent, surtout dans l’industrie, orienté vers l’exportation et donc en faveur d’un image tolérant à l’étranger. Ils ne veulent pas des aventures avec le Vlaams Belang.

142. Briser le cordon est peu probable sur le niveau fédéral et régional, aussi et surtout par le caractère séparatiste du Belang. Les petits entrepreneurs et les indépendants trouvent problématique que cela signifie qu’une majorité homogène de droite est presque exclue. Des figures de deuxième rang et des politiciens locaux reflètent cette pression s’ils mettent en question le cordon. Mais le plus de bruit ils en font, le moins que les directions du parti du VLD et du CD&V peuvent se permettre de remettre en cause le cordon. Les deux partis languissent la percée locale du cordon mais ils savent tout les deux aussi que dès que le cordon est brisé sur le plan local, la pression sur le plan régional et fédéral va monter aussi. Ce dernier ne va être remercie par la grande bourgeoisie belge et ainsi les deux partis se regardent dans l’espoir que c’est l’autre qui brise le cordon en premier.

Sans avoir des illusions dans le cordon sanitaire, nous opposons la stratégie de laisser l’extrême-droite participer au pouvoir La participation au pouvoir du FPÖ de Jörg Haider en Autriche a menée vers une scission du FPÖ entre un groupe de ministres et parlementaires sous direction de Haider (BZÖ) et d’autre côté un groupe de « radicales » (et la base des membres du FPÖ). Le 1er octobre le FPÖ a reçu 11% des votes et le BZÖ 4%. La campagne radicale du FPÖ a poussé le BZÖ à utiliser une rhétorique plus radicale. Ce n’était pas les « modérés » qui avaient gagné, mais les « radicaux ». En plus, ensemble l’extrême-droite a réalisé 15% des votes.

Le FN ne réussit pas à utiliser son potentiel

143. Du coté francophone on peut s’estimer heureux que le Front National ne sait pas compter sur un cadre comparable à celui du Vlaams Belang. Le président Féret est confronté avec de nombreux recherches et des procès contre lui. En juillet une perquisition a été faite chez le couple Féret-Rorive à la maison, le siège du FN et chez le trésorier du FN. A part la comptabilité d’une asbl du FN aussi celui de Eurodom, la société immobilière de Féret, serait saisie. Les perquisitions sont venues après une plainte d’un ex-sénateur du FN. Une asbl FN aurait entre autre prêté 250.000 € à Audrey Rorive. Cet argent allait ensuite vers le compte d’Eurodim, qui en achetait une villa à la Côte d’Azur. Le parti n’a, selon leur propres chiffres, néanmoins seulement 450 membres payants, mais grâce à une nombre d’élus l’état est le donneur de plus que 90% des moyens du FN.

144. Conclure de cela que le FN est condamné à la disparition est néanmoins prématuré. La politique asociale des partis traditionnels offre aussi du coté francophone des opportunités énormes pour une formation d’extrême-droite. Même avec une manque totale de structures ou de militants actifs le FN obtient dans les sondage jusque 10%. Cela montre le potentiel. Il est incertain si un ou plus de groupuscules scissionnistes – Front Nouveau de Belgique et Nation, Force Nationale, Front des Wallons en/of Front des Bruxellois – peuvent reprendre ce potentiel. Une autre possibilité est qu’une figure de droite populiste des partis traditionnels, quelqu’un comme Destexhe, essaye de capitaliser sur cela suivant le modèle de Devillers en France ou le défunt Pim Fortuyn aux Pays-Bas.

La résistance contre le néolibéralisme monte

145. Dans notre texte sur les perspectives en 2004 on écrivait: “A terme une scission communautaire peut servir la bureaucratie syndicale plus que l’unité national. Ils faut de toute façon agir contre chaque division des travailleurs et défendre l’unité syndicale sur base d’une fonctionnement démocratique et d’un programme combatif. … Le plus grand danger est que les syndicats laissant lutter les travailleurs en rangs divisés avec une série de défaites par conséquence et une possible démoralisation. Un tel scénario prépare la voie pour des nouvelles victoires de l’extrème-droite et possiblement pour une cassure du cordon sanitaire. Il nous semble que ce n’est pas le scénario le plus probable. En vue de l’ampleur des attaques et tous les dangers possibles qui sont inhérents dans la situation une automne chaude nous semble plus probable. Ce qui manque encore est une mobilisation unifiée. Dans le meilleur des cas c’est une grève générale, mais les directions syndicale vont essayer d’éviter cela coûte que coûte.”

146. Et plus loin: “Notre rôle est évidemment limité, nous ne sommes malheureusement pas encore un facteur objectif. Dans une telle situation explosive nous pouvons être catapulté dans une position qui dépasse nos forces réels. Pensons au rôle que notre section en Allemagne jouait par le manifestation du 1 novembre 2003 ou dans les derniers manifestations des chômeurs. Avec la proposition d’un Marche des Jeunes pour l’Emploi nous avons déjà prix une initiative excellente. Ca nous offre l’opportunité de centraliser notre travail entier, sous condition qu’il trouve place et n’est pas mis sur l’arrière-plan par des initiatives plus tôt. Nous devons absolument éviter que notre parti est noyé par les événements. Au contraire, à travers une attention rigoureuse pour nos structures en une préparation politique maximale des membres nous voulons saisir ces évènements pour construire un courant révolutionnaire fort.”

147. Rétrospectivement cette perspective a été confirmé par les faits. La mobilisation unifiée était déja là le 21 décembre 2004. Après un an et demi de colère blanche, qui aboutissait à 12 jours de grève en février/mars 2005 finalement un accord a été conclu dans le non-marchand. Une partie de cet accord a été récemment (le 23 septembre 2006!) mis en forme de conventions collectives. Le 19 mars le marche des jeunes s’est tenu, mis de faite sur l’arrière-plan par la mobilisation simultanée contre la directive Bolkestein. Sous cette condition on n’y avait aucun problème. Cela compensait le spectacle enfantin et carnavalesque des jeunes syndicaux, ou est-ce qu’il faut dire les power-rangers? Cela compensait aussi le faite qu’on nous a nié chaque acces aux délégations jeunes dans les entreprises. Néanmoins notre rôle dans cet initiative était claire pour beaucoup, ce n’est pas pour rien qu’on a vendu un nombre record de journaux ce jour là. (121)

148. La résistance contre la politique néolibérale ne s’est dès lors jamais vraiment apaisé. Dans le secteur de l’alimentation une série d’actions en mars 2005 ont fait que la norme salariale était brisé, le 22 avril le métal a fait grève contre le tentative d’Agoria d’imposer des accord en-dessous de la norme salarial. Mais la porte était ouverte à l’escalation quand le gouvernement a annoncé par ministre Van den Bossche ces proposition pour le débat sur la fin de carrière, à ce moment sous le titre de travail “Vieillir activement”. A une série de réunions de militants, entre autre à Anvers et à Gand le mécontentement a éclaté. Ce n’est pas pour rien que le président du CSC Cortebeeck déclarait plus tard que la résistance contre le pacte de solidarité entre les génération était en faite l’expression d’un mécontentement plus profonde contre les attaques néolibérales sans cesse.

149. Néanmoins Cortebeeck a fait de son mieux pour miner la grève générale de 7 octobre à laquelle la FGTB avait appelée. Pas moins que 140.000 euro ont été libéré par la direction du CSC pour une campagne d’annonce publicitaires: “dix raisons pour ne pas faire grève”. Aussi dans l’establishment la FGTB était évidemment isolée. Mais parmi la population il pouvait compter sur l’enthousiasme. Selon une enquête du groupe VUM à la veille de la grève largement 40% des flamands (ne parlons pas de Bruxelles et de la Wallonie) approuvait la grève du 7 octobre. Bien plus que les membres de la FGTB et plus aussi de ce qu’obtient la FGTB dans les élections sociales. Chez ceux qui n’ont qu’un diplôme de l’enseignement secondaire inférieur le soutien montait jusqu’à 55%, chez les universitaires ce n’était que 21%. Le gouvernement au contraire, avec le soutien de la presse rassemblée, des académiciens, du patronat et d’une partie du sommet de la CSC, n’a réussi qu’à convaincre que 25% des flamands de leur approche du débat sur le fin carrière.

150. On disait que la FGTB était divisée, mais en faite on voulait dire que la direction de la FGTB n’était pas préparée de faire digérer par force l’agenda néolibérale par sa base. Les choses étaient quelque peu différent chez la CSC. Sur tous les réunions CSC où nous étions présent la critique de la base était foudroyante. Sur le terrain la division au sommet était répondu par l’unité à la base. Même dans la direction on pouvait remarquer des différences entre Cortebeeck qui déclarait dans les médias qu’on va de toute façon devoir travailler plus longtemps, et Gilbert De Swert qui réfute ce point de vue dans son livre “50 mensonges grises”.

151. Cette division entre les appareils syndicales était évidemment une opportunité rêvée par la droite pour miner le droit de grève. Ils voulaient entre autre interdire des piquets sur la voie publique. Puisque c’est interdit aussi sur des terrains privé cela voudrait dire une limitation forte du droite de grève. Mais finalement la grève était une trop grande réussite pour tout cela. Entre les accusations et les menaces, les politiciens et la presse étaient obligés d’admettre que la grève de la FGTB le 7 octobre était un succès inédit. Cela ne pouvait évidemment pas seulement être expliqué par les nombreux blocages de rue, sans un soutien large la FGTB n’aurait jamais été capable de réaliser ce tour de force toute seule. Quelle différence avec les années précédentes. Chaque délégué syndical t’avait dit à ce moment qu’une grève sans la CSC n’était pas possible. Cette grève a renforcé la confiance en soi des militants de la FGTB, aussi pour y aller tout seul s’il faut.

152. Le succès de 7 octobre a obligé le sommet de la CSC de changer sa position vers le 28 octobre. 100.000 manifestants affirmaient ce que le 7 octobre faisait déjà supposer: les travailleurs ont assez de la politique du moindre mal. L’arrogance du patronat, des politiciens et des plumitifs sur le Pacte des Générations avait obligé les appareils syndicaux de mettre la porte entrouverte. La base a saisie cette opportunité de pousser ouverte la porte vers l’action. Pour sauver son pacte le gouvernement a du faire des concession. La liste d’emplois lourds et des années égalisés pour le pensionnement et les mesures exceptionnels dans des secteurs qui avaient acceptés la modération salariale en récompense pour le prépension, restaient ouverte.

153. Il ne manquait pas de combativité à la base, la porte vers l’action était ouverte, mais quoi donc? Quelle alternative? Tous les partis, dans le gouvernement comme dans l’opposition, était de l’opinion que le pacte des générations devait être appliqué. L’opposition trouvait même que les mesures n’étaient pas suffisant. Seulement 4 parlementaires d’Ecolo ont voté contre le pacte, mais après leur aventure dans le gouvernement précédent les travailleurs ne songeaient pas à mettre leur sort aux mains de ses “hypocrites”. Le sommet syndical comprenait ce dilemme et décidait d’étouffer les actions à condition que les concession cité au-dessus étaient donnés.

154. Proposer sa propre alternative sur le pacte des générations ne faisait pas partie des options envisagés. En 1954 et ’56 la FGTB proposait encore des reformes structurels irréversibles comme alternative sur la politique du patronat. Une telle alternative exige par contre une gauche syndicale organisée, mais les plaidoyers pour cela, comme testés pendant l’intervention de nos militants le 7 october, ne frappaient pas l’imagination. Le thèse par contre que la FGTB/ABVV devait couper ces liens avec le PS/SP.a et la CSC/ACV ceux avec le CD&V/CdH étaient par contre bien acceuilli, aussi et surtout le 28 octobre. 155. Cela confirmait une position qu’on a défendu déjà depuis l’étouffement du MRS et du MPDS, notamment que la formation d’une gauche syndicale dans notre pays ne va probablement ne pas se passer directement à travers les syndicats, mais plutôt à travers un détour politique. Ce n’est pas nouveau, il s’est passé aux Pays-Bas avec la création de “keer het tij” (renversez la marée) qui a été mis sur pied par des milieux du SP(nl). Un facteur qui renforce cette possibilité en Belgique est la force de la bureaucratie syndicale qui peut étouffer chaque suggestion d’opposition dans l’oeuf. Nous nous rappelons probablement tous l’exclusion de Faust (122), entre-temps aussi Guust Haverbeke a reculé. Le PTB qui geulait partout dans le pays sur la chasse aux sorcières de ses propres militants est devenu mielleux pour le sommet syndical. Son mouvement du 15 décembre qui veut soi-disant unifier les syndicalistes de gauche est composé principalement des gens de l’appareil, est inexistant à la base et pas dangereux pour le sommet. En faite c’est surtout un instrument pour couper l’herbe sous le pied d’”Une Autre Politique”.

Rupture entre la base des syndicats et les partis traditionnels

156. Le résultat le plus important de la lutte contre le pacte des générations était sans aucune doute la rupture entre les militants de base des syndicats et les partenaires traditionnel, PS et Spa pour le FGTB-ABVV et le CD & V et CDh pour la ACV-CSC. Une expression de ceci était les protestations au congrès du Spa à Hasselt, ou Vande Lanotte, le nouveau président, à l’exemple de Stevaert, utilisait un aphorisme. C’était tapé dans le mille, un insulte pour tous les syndicalistes et une énorme gaffe pour le professeur Vande Lanotte. Il y avait aussi la motion de la délégation FGTB chez Agfa-Gevaert qui appelait la direction syndicale d’abandonner son mandat dans le bureau du Spa.

157. La pacte des générations a provoqué une rupture entre le PS/SPa et cette minorité des travailleurs, pour la plupart des syndicalistes qui malgré tout étaient restés fidèle dans l’illusion de pouvoir ainsi freiner la droite. La base des syndicalistes dans les entreprises avaient décoché dans le plupart des cas plus tôt. Ce n’est pas un processus linéaire, il y a encore beaucoup de doute et de confusion mais l’abîme est faite et malgré la fait que le besoin de quelque chose de nouveau ne se laisse pas sentir toujours aussi fort, c’est devenu improbable que cette abîme serait comblée.

158. Il y avait la réprimande envers Vande Lanotte par Xavier Verboven qui mettait en question la relation avec le Spa à l’occasion des congrès professionnelles parce que les congrès ciblaient trop les groupes moyennes. Même ‘De Morgen’ disait que le SP.a devait plus tenir compte de ce qui vit dans les syndicats. Après Verboven niait qu’il l’avait intentionné comme ça et disait que c’était normal que le FGTB reconsidère sa relation avec le SP.a lors des congrès nationaux. Tout ceux qui connaissent la FGTB savent que c’est une connerie. Si l’FGTB reconsidère sa relation avec le SP.a, ça signifie qu’il y a une forte pression de la base. Le propos de Verboven apporte de l’eau au moulin, même il aurait préféré de l’éviter.

159. A partir d’octobre est organisé une enquête pendant deux mois pour savoir dans quelle mesure les FGTBtistes en Flandre sont attachés au lien historique avec le SP.a. Probablement la direction espère ainsi mobiliser les couches inertes et d’étouffer le débat entre les militants. L’enquête des membres du FGTB sur le lien avec le SP.a est une conséquence directe du pacte des générations. Au sein de la FGTB-Wallon le mécontentement par rapport au lien avec le PS est grand aussi, mais ne mène pas jusqu’à une enquête. (124)

160. Evidemment il y encore beaucoup de confusion. La presse à fait de son mieux pour promover SP.a-Rood, dans l’espoir que de cette façon le SP.a puisse garder le contrôle sur les syndicats. C’est regrettable que SP.a-Rood et surtout le Vonk se laissent ainsi instrumentaliser. Corriger la politique du SP.a, comme SP.a-Rood cherche à atteindre, est devenu impossible depuis longtemps. La base sociale et encore plus les structures démocratiques a cet effet n’existent simplement plus. Ce n’est qu’au plus une feuille de figue pour les bureaucrates syndicales pour tenir les militants à la ligne.. Pousser à gauche la politique du SP.a se fera plutôt de l’extérieur que de l’intérieur. Seulement une compétition sur sa gauche peut faire comprendre à la direction qu’elle doit soigner ce côte aussi. Même dans ce cas le processus de bourgeoisification est probablement avancé trop loin pour permettre de transformer le SP.a en parti (bourgeois) des travailleurs.


111. Nieuwblad, 23.03.2006
112. De Standaard, 27.11.2005
113. De Standaard, 25.05.2005
114. Conférence de presse du 30.06.2005 “Groen! lance un plan d’action contre la pauvreté énergétique”
115. De Standaard 6/7/1999 In 1995, quand Di Rupo était ministre des télécoms, un consortium de partenaires étrangers a acheté 49.9 % des parts de Belgacom pour 73 milliards de francs
116. Comparez par exemple Le Soir du 22/09/2006 avec la presse flamande du même jour
117. De Standaard 01/09/2006
118. Voir “Propostion de texte sur les perspectives belges en préparation du congrès national de 2005” §53 t/m 78
129. Voir “Projet de texte sur les perspectives belges 2001” § 61 t/m 65 et “Projet de texte sur les perspectives belges ‘99”§15.02 tot 17.00
120. Selon une enquète téléphonique sur la commande de De Tijd et L’Echo chez 200 entrepreneurs flamands et 200 entrepreneurs wallons. De Tijd 16.09.2006
121. Plus que 600 journaux belge et encore à peu près 150 journeaux français et une septantaine de journeaux néerlandais!
122. zie daarvoor “Deel Belgische Perspectieven: van vakbonden naar dienstenbonden” van oktober 2000
123. De Morgen 14/02/2006 “chacun est consommateur”
124. De Standaard 31/08/2006 “Enquête à la FGTB sur le lien avec le SP.a”

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