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Economie mondiale – une croissance dynamique grâce à l’augmentation du taux d’exploitation.

1. Aussi bien en 2004 (+5.2%) qu’en 2005 (+4.2%), l’économie mondiale connaissait une croissance relativement forte. De là que la Banque Nationale de Belgique nommait l’économie mondiale dans sont rapport annuel de 2005 « dynamique, mais fragile »(1). Le Fond Monétaire Internationale (FMI) impute cette croissance à une coïncidence remarquable qui a garanti la marche de l’économie mondiale. Le FMI constate un ralentissement dans les investissements après la période de surinvestissement à la fin des années 90 et 2000. Cette décroissance des investissement a mené à un surplus dans les épargnes des entreprises. Ces surplus d’épargnes exerçaient une pression à la baise sur les taux d’intérêt à long terme.(2) Suite à quoi, et aussi suite à l’effet que cela avait sur le prix des logements et le patrimoine familiale(3), la consommation a crû. Le FMI dit même explicitement que la croissance de la consommation n’est pas liée à des meilleures perspectives d’ emploi.(4)

2. Cela demande quelque explication. La chute du stalinisme, cette caricature horrible du socialisme, fin des années 80, début des années 90, à miné l’idée qu’une alternative au capitalisme était possible. Les leaders des parti staliniennes, là où ils disposaient d’une base de masse et ceux de la sociale démocratie ont fait usage de la confusion et/ou de la démoralisation pour jeter par dessus bord chaque référence au socialisme et de embrasser le principe de marché. Grâce a leur influence dans les syndicats ils étaient capables de freiner ou de faire échouer chaque opposition des syndicats.

3. Le mouvement ouvrier était paralysé. La bourgeoisie a fait usage de ceci en en accentuant de degré d’exploitation, entre autres par le biais d’une flexibilité extrême, miner les contrats de travaille, atténuer les demande salariale et libéralisation et privatisation de services publiques. Déjà depuis la crise des années 70, la bourgeoisie était à la recherche de moyens pour rehausser ces taux de profits (5). La chute du stalinisme et la paralysie qui en suivi, leur ont donner cette chance.

4. La disparition du stalinisme signifiait aussi la disparition d’un concurrent international au capitalisme. Le danger que des régimes ne marcheraient plus à la baguette de l’impérialisme, commenceraient à nationaliser et sûrtout passeraient au camp ‘communiste’ était disparu. La possibilité d’ entamer les réserve de main d’œuvre, d’abord prudemment, des tigres asiatiques, et puis des soi-disant pays à croissance et plus tard de la Chine et de l’Inde était maintenant ouverte. Entre 1988 et 1997. Les investissements dans les « Newly industrialised Asian economies » (Nouvelles Industries Economique d’Asie) (6) connurent une croissance annuelle de 10.5% du PIB.

5. A partir de la moitié des années 90 les pays asiatiques à croissance comme la Malaisie ont pu aussi « profiter » avec une croissance économique de 9.3% entre 1988 et 97, ou l’Indonésie (moyenne de croissance de 6.9% pour la même période), la Thaïlande (+8.4%), et le Vietnam (+7.8%). Les salaires bas dans ces pays et les prévisions de profits énorme exerçaient un grand attrait sur les capitaux, dont beaucoup de spéculatif venant des pays capitalistes avancées. En plus, cela devenait un argument idéologique pour exercer aussi une pression sur les salaires dans les pays capitalistes avancés, bref : afin d’augmenter de nouveau les taux d’exploitation et donc les profits.(7)

Le marché capitaliste : un système auto-régulateur ?

6. En Juin ’97 un crise de surproduction à éclaté en Asie (8). Les investissements dans les ‘Newly industrialised Asian economies’ se sont rétrécis en ’98 de pas moins de -9% ! Pendant cette même année l’économie de la Malaisie à rétréci de -7,4% (9). Le président Malaisien, Mahatir, à découplé la monnaie Malaisienne du Dollar et causait un tour de dévaluations. L’économie Malaisienne à ainsi amélioré sa position d’exportation et s’est pu restaurer plus tôt que d’autres pays de la région. Cette même année beaucoup de capitaux venant de ces pays sont retournés vers les pays capitalistes avancés. Aux Etats-Unis les investissements en ’98 ont cru de 9,1%, au Royaume-Uni même de 13% et à la zone Euro de 5,7%.

7. Cette tendance a continué jusqu’à la récession de 2001 (10), seulement après les investissements ont diminués : -1,7% en 2001 et -3,5% en 2002 pour les Etats-Unis. Ce reversement, qui s’est produit dans tout les pays capitalistes développés, est dû a ce que la FMI appelle la «surcapacité» et le «surinvestissement». C’est à dire que le marché, du à l’érosion du pouvoir d’achat, n’est pas capable de tenir le pas avec le développement de la science, de la technique et des forces productives. Bref que le marché capitaliste est un frein sur le développement des forces productives de la société.(11)

8. Le ralentissement des investissements dans les pays capitalistes avancées ne s’est pas accompagnée d’une baisse des profits, au contraire(12). Depuis lors les entreprises ne re-investissaient plus leurs profits, qui étaient versés aux actionnaires où accumulé pour la spéculation. La parole au FMI: «l’épargne excédentaire des entreprises est venue accroître le stock mondial d’épargne pour pousser à la baisse les taux d’intérêt à long terme»<(13)

9. Les vrais libéraux deviennent fous maintenant. Quel joli système d’autorégulation le capitalisme peut être! Le marché ne sait plus absorber la surcapacité, donc les entreprises vont épargner les profits à la place de les réinvestir. Le surplus en actifs d’épargne fait croître l’offre d’argent, ce qui peut donc être mis à disposition à un tarif d’intérêt moins chère, par conséquent «La consommation a repris — tirée davantage par une politique accommodante et ses effets sur les prix de l’immobilier et le patrimoine des ménages.» Bref : les gens empruntent l’argent qui est devenu plus bonmarché pour consommer, grâce à cela les entreprises peuvent redémarrer et ‘hop’ on est repartis !

Autorégulation où vol qualifié

10. Cela parait beau, mais c’est un conte. Le FMI prône (14) que « Les bénéfices des entreprises, d’abord, qui sont montés en flèche dans les pays du G-7 depuis l’an 2000, environ. En règle générale, cette hausse n’est pas venue d’une amélioration des bénéfices d’exploitation, mais de la baisse des impôts et des taux d’intérêt, qui a gonflé les bénéfices après impôts et paiement des intérêts. En d’autres termes, la rentabilité affichée tient en grande partie aux politiques monétaires et budgétaires accommodantes qui ont été conduites, et non à des gains d’efficience dans la production, comme on le croit souvent ».

11. Nous le formulerions autrement. Grâce à un taux d’exploitation plus élevé il y a eu un passage de moyens collectifs vers les entreprises. Les profits acquis par ce moyen n’étaient pas investis de façon productif mais spéculatif. Par le biais d’un crédit bon marché les familles des travailleurs étaient incité à s’endetter, éventuellement en hypothéquant leur maison. Ainsi les entreprises peuvent continuer joyeusement à s’approprier non seulement nos salaires actuels mais aussi celle que nous devons encore gagner. En bref : la bourgeoisie avec l’aide des politiciens a réussi à faire payer la crise dont parle le § 7 par les travailleurs et leurs familles.

12. Nous ne sommes pas seuls à avancer cette thèse. C’est tellement flagrant que même la presse bourgeoise doit y contribuer un article de temps à autre. The economist écrit dans un article “The rich, the poor and the growing gap between them” (15): « L’économie américaine a durant dix ans d’affiler surpassé tout les autres pays riches. Ses travailleurs produisent maintenant 30% en plus de l’heure qu’il y a dix ans. Durant la fin des années 90 cela profitait à tout le monde. Les revenus supérieurs connaissaient bien une croissance plus accéléré, mais tout les salaires augmentaient plus vite que l’inflation. Après l’an 2000 quelque chose a changé. La productivité croit de nouveau, mais maintenant moins de personnes semblent en profiter. Après inflation le salaire d’un travailleur américain typique a augmenté de 1 % depuis l’an 2000 comparé à 6% pour les 5 années précédentes. »

13. Le même article prétend que la partie dans les revenus totale des 1% de revenus les plus élevés aux Etats-Unis à augmenter de 8% en 1980 vers 16% en 2004 et aussi que le PDG moyen gagne 300 fois la moyenne salariale,contre 30 fois en 1970. Mais ici aussi les libéraux les plus hardi ont leur réponse.

14. Ainsi Marc de Vos (16) écrit dans une carte blanche pour De Tijd en défense du Tigre Celtique, qui avec ces 21% à le nombre le plus élevé de pauvres dans l’Europe des 15 (17). « L’Irlande nous apprend que une différence de revenu relatif est le prix à payer pour une expansion économique rapide dont pourtant tout le monde, y compris les pauvres profitent en termes absolus. » Deux jours après Stef Maenen (18) entreprend une tentative courageuse de réponse. « Il y a même de sérieux indices que des inégalités trop importantes peuvent hypothéquer les opportunités de croissance économique. » C’est correct, mais est-ce bien possible, une inégalité sociale moins importante dans la phase actuel du capitalisme ? Nous pensons que non.

15. Aucun ne réfère au phénomène spécifique que l’Irlande à connu durant plusieurs années un taux d’intérêt réel négatif (19). Le taux d’intérêt est imposé par la Banque Centrale Européenne et est depuis des années en deçà du taux d’inflation irlandais. L’Irlande ne compte que 4,2 millions d’habitants. Le crédit à défier tout concurrence y est financé par un influx de capitaux étrangers. Ces derniers 5 années les investissements extérieurs ont diminué en termes réels. A travers des dépenses publiques plus importantes, la consommation particulière et le marché de construction le gouvernement réussi à compenser cela à court terme. Une récession profonde sur le plan mondial fera imploder l’économie gonflée artificiellement de l’Irlande (du sud). (20)

16. Non seulement nos salaires individuels reculent, mais aussi les salaire collectifs. La Confédération Internationale Syndicats Libres (CISL) avertit dans son rapport « Le beurre et l’argent pour ce beurre” pour une crise grave des finances publiques. En 20 années le tarif moyen d’impôt sur les profits dans les pays membres de l’OECD a baissé de 45 à 30%. Entre 2000 et 2005 24 des 30 pays membres de l’OECD ont diminué leurs tarifs. Des 275 entreprises américaines les plus grandes, il y en a au moins 82 qui n’ont pas payé 1 $ d’impôt entre 2001 et 2003 (21). Tant le gouvernement hollandais de Balkenende que le gouvernement allemand de Merkel veulent encore cette année-ci rabaisser fortement les impôts des entreprises. En Belgique ce n’est pour l’instant pas nécessaire car Verhofstadt a réussi par une porte de derrière à réduire les impôts réels jusqu’à 20 à 25% grâce à la réduction notionelle de l’intérêt – la possibilité de déduire fiscalement un intérêt fictif de sa fortune propre. (22)

17. Que font les entreprises de tout cet argent ? Une grande partie est versée au actionnaires et aussi les managers ce taillent une belle part de la proie, mais on y revient dans la partie dédié à la Belgique. 2006 semble devenir une année record en matière de fusions et de rachats. Le 27 juin il y avait déjà pour 1500 milliard d’euro de reprises annoncées. Durant l’année record précédente (2000) on a vu pour 2700 milliard d’euro de pareil transactions, mais alors ça à débouchée en un malaise boursière pendant des années. Apparemment cette fois-ci « on ne payerait pas des prix exubérants et les fonds de couverture (hedge funds) joueraient leur rôle tempérant. » <^> 18. Selon De Tijd (23) la vague de fusion actuelle est surtout attribuable à la grande réserve d’ argent liquide des entreprises du aux restrictions des coûts, aux profits des dernières années, aux intérêts bas qui rendent l’emprunt bonmarché et à la compétition mondiale. Nous n’avons pas de chiffres généraux de fusions annulés, mais un quart des fusions et reprises annoncées durant les premiers six mois de 2006 en Europe, n’ont pas eu lieu. C’est le chiffre le plus élevé en sept ans. Ceci démontre un manque de confiance dans le bon déroulement.

19. La croissance des années précédentes à été entretenue principalement par une consommation ininterrompue des familles et du gouvernement américain. Ceci n’était pas basé sur un revenu réel, mais sur un niveau historique de dettes. Les Etats-Unis consomment beaucoup plus qu’ils ne produisent, ils importent un tiers de plus de ce qu’ils exportent, entre autres des produits bonmarchés de la Chine et d’ autres pays en voie de développement.

20. Le déficit sur la balance des payements est arrivé à un niveau record vertigineux de -805.7 milliards de dollar, soit 6.5% du PIB des Etats-Unis, comparé à un surplus de 158 milliard de $ pour le Japon, de 147.9 milliard de $ pour la Chine et de 262.4 milliard de $ pour les pays de l’ OPEP (24). En 2005 la dette totale des Etats-Unis montait à 3500 milliard de $ (+8.8%), la dette des ménages augmentait de 11.7% (25)! Le taux d’épargne était en 2005 pour la première fois depuis la Grande Dépression de 1932 et 1933 négatif (-0.2%) (26). Selon la Banque Nationale de Belgique la hausse des dépenses particuliers aux Etats-Unis ne pouvait que se maintenir grâce à une augmentation continue des prix de logement.

La croissance reste possible, mais les dangers sont énormes

21. Selon la Banque Nationale le scénario le plus probable est que l’expansion économique se maintiendra cette année et les années qui suivent. Ceci n’est pas une surprise: la tâche de Guy Quaden (le gouverneur de la BNB) et Ben Bernanke (gouverneur de la FED – la Banque nationale des Etats-Unis) ne consiste pas à jouer casser l’économie par leurs déclarations, au contraire, ils doivent essayer d’éviter des chocs. La Banque National est tout de même obligée d’ avertir pour « des tensions sur les marchés d’énergies » et « les accumulations de déséquilibres financiers ». « En plus » nous avertit la Banque « le bien-être mondiale pourrait être menacé par une reprise du protectionnisme.»

22. Le FMI peut se permettre un peu plus d’honnêté : il espère un atterrissement doux, mais avertit pour des scénarios moins agréables. Parmi les dangers il cite une baisse accrue de la consommation par la stabilisation des prix de l’immobilier.(27) En plus il incite les pays avec un grand déficit – lisez : surtout les Etats-Unis – à devenir plus indépendant des épargnes mondiales tandis que les pays avec un surplus – surtout la Chine – doivent trouver des moyens à devenir moins dépendant de la demande extérieur.

23. La politique économique des dernières années n’était pas sans risques. Les profits gigantesques et les taux d’intérêts bas ont créé un afflu de liquidité. Cela a mené à une économie de bulles tant en actions qu’en immobilier, qui tout les deux ont contribués à la survie de la consommation. Combien fragile est cette économie de bulles fut bien démontré durant la deuxième semaine du mois de mai, alors les bourses ont été en chute libre, dont elles se redressaient quelques jours plus tard. Des spéculateurs paniquaient par ce que l’inflation sous-jacente américaine (28) avait cru plus fort que prévu, ils craignaient que la FED allait encore hausser les taux d’intérêt et fuyaient massivement les investissements à risque pour des investissement plus sur. Finalement les actions dans les pays capitalistes avancées ne perdaient que 4 à 5% alors que dans les marché émergeants comme la Russie, la Turquie, l’Inde où le Mexique les pertes montaient jusqu à 10 et même 25%. A peine un mois plus tard c’était pareille. Dans son éditorial De Tijd écrit: « Les rôles peuvent être inversé : un environnement favorable peut garder la flamme de la bourse en feu, mais si le malaise sur les bourses se maintient, il peut gâcher l’environnement économique. » (29)

24. Selon un spécialiste de Fortis, nommé Gijsels, la raison principale du malaise boursier serait « un changement de la politique de liquidité des banques centrales. Les liquidités pompés dans le système les années précédentes, ont évité une récession. Mais maintenant les banques centrales retirent massivement ces liquidités du système… » (30) Depuis août 2004 la FED a haussé 17 fois son taux d’intérêt indicateur, de 1% jusqu à 5.25% (31). L’économie américaine ne peut pas continuer à tourner sur base de dettes. La Banque Nationale indique que «l’ampleur prise par le déficit courant américain devient de plus en plus préoccupante et soulève la question des risques de correction désordonnée sur les marchés financiers et de change internationaux, réalisés à l’étranger. » On craint sur tout une correction trop brusque du cours du dollar, un protectionnisme croissant ou une hausse de l’intérêt à long terme.

25. Normalement la monnaie d’un pays avec un déficit sur son compte courant devrait être une monnaie faible, mais le dollar est, contre toute logique une monnaie forte surévaluée. C’est surtout parce que les banques centrales de la Chine, du Japon, de la Corée du Sud et de quelque pays producteurs de pétrol investissent systématiquement leurs surplus commerciaux dans des obligations d’état américaines. En 2005 la Chine avait un surplus commercial vis-à-vis des Etats-Unis de 150 milliard de $. La Chine s’est construite une réserve de 900 milliards de $ et a acheté ces dernières années pour 320 milliards de $ en bons d’état américains. Cela a assuré que le gouvernement Bush ne devait pas hausser les taux d’intérêt pour financer son déficit budgétaire considerable (32). Parallellement la Chine soustient ainsi le $ et donc sa propre position d’exportation vis-à-vis des Etats-Unis (33).

26. Si la Chine et/ou un autre pays avec de grandes réserves en dollar se monnayerait ces bons d’état cela précipiterait le dollar dans une chute, l’inflation serait attisée el les Etats-Unis obligés de rehausser fortement les taux d’intérêts. Ce serait une catastrophe pour l’économie américaine, mais minerait aussi la valeur des réserves en dollars et couperait court aux marché de produits bonmarchés asiatiques. Justement ces produits-là qui gardent l’inflation basse malgré les crédits bonmarchés et l’abondance de liquidités dans l’économie. Si par contre ces pays gardent leurs réserves de dollars en possession, ils courent le risque que la valeur de leurs réserves se vide dès que le dollar commence à baisser, car tôt ou tard le problème du déficit sur les comptes courants devra être entamé.

27. Que le danger du protectionisme croissant ne soit pas tombé des nues a été démontré à plusieurs reprises ces derniers mois. Ca à fait surface lorsque Bush annonçait que les Etats-Unis devaient devenir moins dépendant de l’importation pétrolière venant du Moyen-Orient, la fermeture du robinet à gaz vers l’Ukraine par la Russie et les difficultés que la firme indienne Mittal a connu durant la reprise de Arcelor. Mittal a du augmenter son offre de 44%, autoriser que les actionnaires d’Arcelor auront 50,5% des actions dans la nouvelle combinaison Arcelor-Mittal et peuvent livrer quatre des sept dirigeants. Le siège principale vient au Luxembourg, là ou se trouve actuellement le siège principale d’ Arcelor.

28. En février le gouvernement français voulait éviter la reprise menacente de Suez par la firme d’utilité italienne Enel en annonçant une fusion rapide avec Gaz de France. Cela se buttait sur une résistance politique, mais surtout syndicale par ce que les syndicats refusent une privatisation de GdF. Entre temps la datte buttoir pour les négociations sur un accord de libre marché mondiale a du être reporté d’un mois. On cherche un compromis sur le démantèlement des subsides agricoles et une diminution des tarifs d’importation pour les produits agricoles et industriels. Une faillite de ces négociations de commerce occasionneraient une crise profonde, maintenant déjà différents pays spéculent sur des accords bilatéraux.

Peut-on rétablir l’équilibre d’une façon ordonnée ?

29. Tant la Banque Nationale que le FMI plaident pour un retour ordonné et graduel à l’équilibre. Pour cela il faudrait que « les économies concernées mettent en œuvre des mesures simultanées dans différents domaines» La Banque Nationale en énumère quelques-uns : repousser les besoins financières du gouvernement des EU, l’exécution des reformes structurelles dans la zone Euro et le Japon pour augmenter le potentiel de croissance de ces économies et tendre vers une plus grande flexibilité des cours d’échange en Asie. La Banque Nationale est optimiste, mais très, mais alors très modérément. Au Japon la demande devrait monter graduellement à condition d’une montée de la productivité. En Europe les résultats sont ‘au mieux mitigés’. Les Etats-Unis ne sont encore nulle part en ce qui concerne les déficits financières du gouvernement. La politique monétaire a bien été renforcé et cela devrait tempérer la demande intérieur, mais ce n’est pas sans danger puisque cela risque de faire monter le dollar.

30. La Chine a réévalué le Renminbi de 2%, mais selon Brad Setser de RGE (34) c’est largement insuffisant et sur 5 à 10 années la monnaie chinoise devrait augmenter de 40%. Aussi la Russie, les pays exportateurs du pétrole et l’Europe doivent révaluer leur monnaie selon Setser et soutenir la demande interne. Setser trouve que la hausse du taux d’intérêt aux Etats-Unis n’est pas un moyen adéquat, il plaide pour une politique budgétaire plus serrée, ne pas en diminuant les dépenses, c’est impossible vu les dépenses militaires élevées au Moyen-Orient, mais par une hausse des impôts.

31. Setser pose un diagnostique correct, et prescrit probablement le seule remède possible : faire racheter la crise par l’Europe, les pays exportateurs du pétrole et la Chine ensemble. Une pareille action coördinée est, dans le cadre du capitalisme, qui est régis par la chasse aux profits et basé sur l’anarchie du marché, impossible. Un certain degré de coopération entre les différentes grandes puissances capitalistes est possible au FMI, à l’OMC, l’OECD etc,… mais cela restent des états nationaux qui rentreront inévitablement en conflit entre-eux lorsque ils essayeront de se faire payer mutuellement la crise.

32. Il n’y a pas mal de commerçants de devises, de banquiers d’affaires, de dirigeants d’entreprises et consort qui voient l’averse arriver. Sous le titre « Rapaces de la bourse du 21e siècle » De Tijd consacre 4 pages à des adeptes condamnés du capitalisme qui, parce que dans les règles ils ne pouvaient plus ramasser assez de profits, ont décidé de passer outre. A quoi peut-on s’attendre dans un système dont le seule but est de ramasser des profits ?

La politique impérialiste de Bush

33. La politique du gouvernement de Bush n’est pas de nature à modérer les problèmes économiques. Au contraire, selon la Cour des Comptes américaine, depuis 2001, le Congrès a déjà accordé 430 milliards $ pour la « guerre contre le terrorisme », 386 milliards $ pour des opérations militaires, et 44 milliards pour « la reconstruction et la stabilisation » (35). Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les EU ont dépensés presque autant à l’armement que tout le reste du monde. Le budget militaire des EU est 15 fois celui de la Chine ! (36)

34. Les Etats-Unis sont de plus en plus comparés avec l’empire romain, on parle d’ « un empire de bases militaires ». L’attentat par Al Qaeda a permis à Bush de réaliser un ancien rêve des néo-conservateurs : l’utilisation de ce pouvoir militaire énorme afin d’imposer unilatéralement des normes, de changer les perspectives et de créer des nouvelles réalités sans devoir se justifier, et tout cela sur base d’une volonté poussée, d’où le nom de la coalition qui a invadé l’Iraq. (37)

35. La chûte de l’empire romain a duré plusieurs siècles, mais en moins de 10 ans, la présidence de « l’Empereur » Bush s’est écroulé dans les montagnes afghans, la sable iraqien, et le chaos somalien. Comme nous avons dit dès le début, c’est une chose de renverser un régime déjà détesté, mais c’est une affaire tout à fait différente de stabiliser après ce pays sous contrôle impérialiste, de l’exploiter, et de retirer les troupes. Dans l’antiquité, Rome n’était pas loin derrière en termes de brutalité, mais elle essayait au moins par après de construire une base sociale dans les territoires nouvellement occupés.

36. En Afghanistan, l’intervention americo-brittanique devait renverser le régime barbarique du Taliban, et détruire tous les restants féodaux, y compris l’oppression et la discrimination des femmes. Prèsque 5 années plus tard, la production de pavot est de nouveau sur un niveau record, encore plus élevée qu’avant l’arrivé au pouvoir du Taliban. Le « président » Karzai est ironiquement appelé « bourgmestre de Kaboul », il essaie de créer des alliances avec les seigneurs-de-geurres/narcotiques contre le Taliban qui connaît une revitalisation, et qui a repris la contrôle sur le Sud et l’Est du pays, où des écoles sont brûlés et les femmes sont obligés de rester à l’intérieur. La situation est tellement désespérée, que Karzai essaie, tout comme le Pakistan l’a fait, d’arriver à un accord avec le Taliban, ou au moins avec une partie d’entre-eux au Sud.

37. En Iraq, les Etats-Unis se heurtent à un véritable soulèvement, pour le moment surtout par les 5 millions de Sunnites. La mort de Al Zarqawi, qui ne jouait d’ailleurs qu’un rôle minimale dans le soulèvement, n’a pas changé cela. La majorité (60%) de la population, les shiites, tolèrent l’occupation, tandis que les Kurdes le soutiennent. Parmis les shiites, l’attitude vis-à-vis l’occupant commence de plus en plus à rassembler à celle parmi les sunnites au début de la guerre de guérilla.(38) Le pays glisse vers la guerre civile. Les 132.000 soldats américains, et la petite force britannique, les seuls restants de la coalition « de la Volonté » (Willing), n’arrivent pas à contrôler la situation.

38. Les Etats-Unis essayent de composer une « Armée Nationale Iraqien », qui consiste aujourd’hui de 230,000 hommes, et qui doit compter 320,000 hommes à la fin de l’année, mais la loyauté de ces troupes n’est pas envers le gouvernement centrale, mais plutôt envers leur communauté Sunnite, Shiite ou Kurde. Les Etats-Unis ont envahis l’Iraq pour ses richesses pétroliers. Il n’est pas exclus qu’ils vont rétirer une partie des troupes, mais il est improbable qu’ils vont abandonner tout leurs 110 base militaires. Au contraire, tout comme les troupes britanniques en Irlande du Nord, ils comprennent que leur politique des années passées a crée une telle situation qu’ils sont obligés de rester pour éviter une guerre civile. Ceci est déjà l’argumentation adoptée par certaines représentants de l’Impérialisme américaine pour justifier l’assujettissement militaire est surtout économique de l’Iraq.

39. La victoire des “Courts Islamistes” de Hassan Dahir Aweys en Somalie, soutenu par des capitalistes locaux, et par les masses qui aspirent une alternative au chaos sans issu, est une gifle au gouvernement de Bush. Les Etats-Unis ont soutenu une coalition des seigneurs de guerres somaliens, le ARPCT (Alliance pour la Restauration de la Paix et Contre le Terrorisme), afin de contrer l’influence grandissante des « Courts Islamistes » , qui sont soupçonnés d’être sous l’influence d’Al-Qaida.

40. Toutefois, une véritable intervention militaire par les Etats-Unis est très improbable après leur fuite en 1994. Ceci explique probablement pourquoi à l’initiative des EU un « groupe de contacte » vient d’être installé. Des analystes pensent que ce « groupe de contacte » nouveau marque un changement de politique de l’Ouest, en réaction au pouvoir accrue des milices islamistes. (39) Ceu-ci ont déclaré via le président des courts islamistes à Mogadishu, sheik Sharif Sheikh Ahmed : «  on est réjouit par les nouveaux développements aux Etats-Unis »… « Les EU avaient tort de soutenir les seigneurs de guerres impopulaires dans leur communauté, qui sont battus à Mogadishu par les milices des Courts Islamiques “. (40)

41. Le changement le plus important de politique par les Etats Unis concerne l’Iran. Ce pays n’a pas été affaibli, mais a renforcé sa position de pouvoir régionale depuis l’invasion en Iraq. Les prix pétroliers élevés et les relations commerciales plus intimes avec la Russie, l’Inde et la Chine, ont offert l’opportunité à l’Iran de nier la pression des Etats-Unis sur leur programma nucléaire. Tandis que probablement une partie du gouvernement de Bush est gagné pour une intervention militaire, c’est exclus pour le moment. Même une bombardement de précision sur les installations nucléaires est improbable, vu l’opposition des autres grandes puissances. Ce changement de politique reflète l’affaiblissement de l’impérialisme américaine et l’abandon de la politique d’unilatéralisme et des “frappes préventives”.

42. Le gagnant du prix Pulitzer Seymour Hersh, le journaliste qui avait publié le massacre de My Lai en ’69 durant la guerre au Vietnam et aussi les tortures à Abu Graib en 2004, prétend que les EU et l’Israël avaient déjà discutés une intervention au Liban deux mois avant l’enlèvement de deux soldats par Hezbollah le 12 juillet. Le scénario serait que Israël s’attaque au Liban et essaye de provoquer une réaction de la part de la Syrie et/où de l’Iran, cela serait saisi par les EU pour bombarder les installations nucléaires de l’Iran. Seymour ne le prétendra pas sans avoir contrôlé ses sources, probablement le scénario existait, mais plutôt comme une option à ressortir quand l’occasion se présente, que comme tactique sérieusement considérée.

43. Au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique, l’impérialisme américaine rencontre une résistance énorme. Hélas, cette résistance est dirigé essentiellement par des forces religieuses réactionnaires Sunnites comme Al Qaida, le Taliban et les Courts Islamistes en Somalie, où des Mollahs iraniens chiites, avec leur soutien au Hezbollah chiite et au Hamas sunnite. Seulement le caractère réactionnaire de ces mouvements, et le fait qu’ils abattent des gens arbitrairement, expliquent pourquoi Bush et son gouvernement n’ont pas été rejetés plus tôt par leur propre opinion publique. L’échec de sa politique a réduit le soutien de Bush en mai à seulement 31% des américains, il est ainsi le président américain le moins populaire depuis 1945 à l’exception de Nixon après la guerre au Vietnam et Watergate.

44. La politique unilatérale de Bush n’a pas rendu le monde plus sécure. Même les services de sécurité Américaine l’admettent maintenant. Des attentats sanglants, des guerres sans perspectives dans des pays qui, en termes de population et de développement, sont loin en arrière sur les Etats-Unis, une menace nucléaire latente, pas seulement en Iran, mais aussi en Corée du Nord, font que beaucoup à l’Ouest quittent l’idée de trouver des solutions par la force brutale.

45. Les successeurs de Sharon, qui ne peuvent pas revendiquer un passé comme faucon impitoyable, et qui non plus ont commis des massacres brutales comme Sharon l’a fait à Shabra et Chatilla, ont voulu, après le coma de Sharon, montrer qu’ils ne laisseraient pas affaiblir la politique de sécurité d’Israel. Probablement ils ont également étés testés par des militaires de la ligne dure : au moins 20 Palestiniens, parmi eux des familles entiers, avaient déjà été tué dans des « attaques sélectives contre des terroristes» au Gaza, avant même que le corporal Gilad Shalit a été abdiqué, la première agression avec collaboration par des militants de Hamas depuis sa victoire électorale.

46.Est-ce que c’était pour créer une deuxième front, où pour décharger l’attaque sur Gaza, ou pour détourner l’attention de l’Iran et de la Syrie, où juste pour pouvoir faire une échange avec ceux qui déprirent dans les prison Israeliens, c’est difficile a déterminer. Mais c’est clair que la réaction de l’Israel sur l’abdication d’encore deux soldats israéliens par Hezbollah était a renforcé la position de Hezbollah en punissant collectivement la population Libanaise par une brutalité incroyable et mis en péril celle du ministre de défense Peretz, du premier Olmert et du chef d’état major Dan Halloutz. L’Israël n’était plus invincible. Pendant que l’état major Israélien et les politiciens ont donné l’impression de se préoccuper d’eux-mêmes et tant les soldats que la population du Nord étaient laissé à leur sort, les militants du Hezbollah restauraient les routes et promettaient de l’aide financière aux victimes. Cette aventure à également continué à miner la doctrine militaire de Bush et renforcé considérablement la position de la Russie, la France et la Chine.

Nouvelle Gauche ou Intervention d’Etat

47. Pendant que les Etats-Unis et Israël cassent leurs dents sur la résistance dans le Moyen-Orient, l’Amérique Latine aussi glisse graduellement de l’influence de l’impérialisme. Le néolibéralisme a fait pendant les années ’80 et ’90 un véritable ravage dans la région, les multinationales y ont rachetés à prix très bon marchés des entreprises et des ressources primaires. 59% de la population, 215 millions vivent officiellement en pauvreté, 41% ont un revenu de moins de 2$/jour et 18% de moins de 1$/jour. En 1978, le revenu dans les pays impérialistes les plus importantes était 5 fois plus élevé que dans les pays le plus développés en Amérique Latine, comme l’Argentine et le Brésil, et 12 fois plus élevé que dans les pays le plus pauvres comme la Bolivie et l’Equateur. En 2000 ceci était respectivement 7 et 30 fois ! Dans plusieurs pays, on a vu des mouvements de masse prendre place depuis le début du 21e siècle, de l’Equateur par la Bolivie jusqu’en Argentine et au Mexique.(41)

48. Au Brésil (Lula), au Chili (Bachelet) et en Uruguay (Vazquez), cela à mené à la venue au pouvoir des dirigeants de la “nouvelle gauche” dans l’espoir de changements fondamentales. Mais chacune de ces gouvernements a capitulé aux exigences de l’impérialisme. Grâce aux trahisons des dirigeants de la fédération syndicale, Lula a pu garder le mouvement ouvrier sous contrôle, d’une manière que les formations bourgeois ne l’ont jamais pu faire. Sa politique de droite a mené à la création du P-SOL. Socialismo Revolucionario, la section Brésilienne du CIO, l’Internationale dont aussi le MAS fait partie, était, du début, une des forces motrices derrière le P-SOL.

49. D’autres le trouvaient prématuré et plaidaient pour rester au sein du PT. Aujourd’hui, le potentiel du P-SOL n’est plus disputé, leur candidate pour la présidence, H. Heloisa, obtient dans les sondages 10%. Le revers de la médaille c’est que maintenant toute sorte de carriéristes et d’opportunistes ont découvert le potentiel et Heloïsa à adapté son discours : elle se présente désormais comme mère de la nation contre Lula qui se dit père de la nation. Le futur du P-SOL est incertain. Est-ce que ça va devient un parti basé sur les activistes du mouvement ouvrier et des pauvres, impliqué dans des campagnes dans les quartiers et les entreprises contre les attaques néolibérales et se luttant pour une initiative socialiste? Ou, au contraire, est-ce que ça devient un instrument électoral qui cherche à participer au pouvoir ?

50. Au Chili, la social-démocrate Bachelet est élue comme présidente. Beaucoup de gens de gauche, entre autre le PC, avaient appelés à voter Bachelet au deuxième tour étant le « moindre mal ». Moins que 3 mois après son élection, Bachelet au Chili était confronté avec au mouvement des jeunes la plus importante depuis le coup d’état de ’73. Il était remarquable que les jeunes comprenaient l’importance de soutien parmi les travailleurs. De sondages indiquaient qui 80% de la population soutenait les étudiants, contre 17% pour le gouvernement. Bachelet était forcé de faire des concessions importants. Le PC se trouve maintenant dans une crise profonde, Thomas Hirsch, membre de l’alliance de gauche PODEMOS, qui à l’époque, tout comme nos camarades chiliens, avait appelé pour une vote blanc, connaît par contre une énorme popularité.

51. La révolte contre le néolibéralisme à porté au pouvoir des gouvernements de populisme à gauche qui reflètent la pression des masses et la crise profonde au Vénézuèla, en Argentine et en Bolivie. Ceci a à chaque fois mené a une cassure avec le néolibéralisme et a plus d’intervention de l’état dans l’économie. Malgré l’énorme résistance que ceci a provoqué de la part de l’impérialisme, il ne concerne que des nationalisations partiels ou des joint ventures. Au Vénézuéla et en Bolivie des reformes limités, mais très nécessaires sont appliqués dans e.a. les soins de santé, l’enseignement et la distribution de nourriture. Néanmoins le capitalisme condamne encore 67% des Boliviens à la pauvreté. Le même problème continue à exister au Vénézuéla, mais y est encore accentué par la croissance de la bureaucratie et l’énorme corruption dans le secteur publique, à cause de l’absence d’une véritable contrôle et gestion ouvrier démocratique.

52. Jusqu’ici Chavez a bénéficié de l’augmentation des prix pétroliers, et Morales peut, dans une beaucoup moindre mesure, utiliser les réserves de gaz, et aussi l’économie en Argentine a connu la dernière année une croissance remarquable. Des docteurs cubains y ont rendus des traitements inabordables au paravent accessibles aux couches le plus défavorisés de la population. L’idée d’un « capitalisme de l’Andes », le capitalisme avec le visage humain, contrairement au modèle néolibérale, reste malgré tout une illusion. Quand le capitalisme n’est pas renversé, et les prix pétroliers commencent à diminuer, ceci provoquera une crise sociale et politique. La menace de la contra-révolution, et le renversement de Chavez deviendra de nouveau possible, sauf si le mouvement ouvrier construit sa propre organisation indépendante, et forme un gouvernement des ouvriers et des paysans. Seulement une fédération socialiste démocratique, sur base volontaire, du Cuba, de la Bolivie et du Vénézuéla, comme première étape vers une fédération socialiste de l’Amérique Latine, peut former une alternative sur le capitalisme et l’impérialisme, et est la seule possibilité à lutter contre la pauvreté et l’exploitation sur le continent.

Un qui gagne…

53. Ce ne sont pas seulement le Vénézuéla et les pays exportateurs de pétrole qui profitent des augmentations des prix pétroliers. Les plus grandes entreprises pétroliers au monde passent de record à record. Le profit nette de ExxonMobil, la plus grande du monde, montait dans le 2e trimestre de 2006 jusqu’à 10,4 milliards $, 36% mieux qu’au 2e trimestre de 2005, qui était déjà un record. Ceci égale plus où moins au profit des 500 entreprises les plus grandes en Belgique sur base trimestriel. Le chiffre d’affaires quotidien d’ExxonMobil, un primeur aux Etats-Unis, est de 1 milliard $, où autant que tout l’économie Belge. Le numéro 2, le BP Britannique, devait se contenter d’un profit nette de 7,27 milliard $ au premier trimestre, et Shell, Britanno-Néerlandais, le numéro 3, 7,32 milliard $.(42)

54. Depuis le début du 3e trimestre, l’Israël a envahi le Liban et le prix de pétrole s’est stabilisé quelques temps à environs 74$/barille, après un record de 78$/barille. Sur le Marché des futures, on comptait déjà sur 80$ par barille pour 2007. Une augmentation du nombre d’attentats suicidaires en Israël, certainement si l’implication d’Al Qaida sera prouvé, des manifestations massives contre la guerre, et des attentats dans des pays arabes “modérés”, un élargissement du conflit militaire vers la Syrie, où le scénario catastrophique où l’Iran serait impliqué, pourraient avoir poussé les prix au dessus des 100$/barille. On n’en est pas arrivé là.

55. Selon KBC Asset Management (43) la demande de pétrole restera à un niveau élevé et la marge pour des mouvements vers le bas sera limitée tant que la conjoncture internationale n’est pas retombée. Des développements géopolitiques et des catastrophes naturels peuvent amener des hausses, mais leurs disparition ne provoquera pas une surcorrection vers le bas. Une baisse des prix du pétrole sera plutôt la conséquence d’une baisse de la demande du à une détérioration de la conjoncture. Ceci signifie qu’une baisse de prix de pétrole peut adoucir légèrement une chute dure de l’économie des EU, mais il n’y a pas plus de potentiel. Le scénario du prix de pétrole de KBCAM part de prix de pétrole » en hausse au 3ème trimestre de 2006 (en moyenne plus que 70$ par barille) qui après retombent graduellement à 56$ par barille en moyenne au 4ème trimestre de 2007.

56. Les 4 dernières années, le prix de pétrole a augmenté de 20 vers presque 80$ /barille. La croissance économique semblait facilement digérer cela. Bien sûr il y a le fait que le pétrole pèse relativement moins sur la production d’énergie que pendant les crises pétroliers de’74 et ’79, mais avec 38% du total, il reste de loin la source d’énergie la plus importante. Ce n’est pas par hasard que le OECD, le FMI et le AIE (Agence International pour L’énergie) partaient en 2004 de l’idée que chaque augmentation du prix de pétrole de 10$, diminuerait la croissance économique de 0,5%.

57. Les 4 dernières années, l’augmentation du prix de pétrole s’est fait dans un contexte d’argent bonmarché, aussi parce que les exportateurs de pétrole investissaient leurs pétrodollars massivement dans des bons d’état américain. L’intérêt bas qui en résultait, faisait que les ménages américains ont continué a consommer. Maintenant les producteurs de pétrole garderaient leurs pétrodollars dans leur propre pays et importeraient des biens de consommation et de capital.(44) Par l’intérêt augmentant, et les prêts plus chers, la consommation aux Etats Unis recule beaucoup plus vite. Selon ING, elle chute du chiffre de croissance actuelle de 3,5% vers 2,5%. (45)


1. Rapport annuel de la Banque Nationale de Belgique 2005
2. les taux d’intérêt à long terme = le prix auquel l’on peut emprunter de l’argent, qui est devenu meilleur marché car il y avait une plus grande offre d’argent suite aux surplus d’ épargnes
3. les taux d’intérêt bas stimulent la demande de maisons et donc aussi leurs prix. Les propriétaires voient leur patrimoine familiale augmenter ce qui rend intéressant des prêts hypothécaires bon marchés, ceci stimule la consommation.
4. World Economic Outlook – Avril 2006 page. XII
5. taux de profit= la totalité de profits par entité de capital investi.
6. Ce sont Hong Kong, la Corée du Sud, Singapore, et Taiwan, les soi-disant 4 tigres
7. les chiffres de World Economic Outlook – Avril 2006 table 3 page 179 et table 6 page. 186
8. sur cette période voir nos textes de perspectives de ’98 et de 2001
9. celle de l’Indonésie de –13,1% et celle du Thailande de -10,5%. Le Vietnam a résisté un peu mieux avec une croissance de 4,8%
10. Pour les Etats-Unis les investissements en % du PIB ont cru de 8,2% en 1999 et de 6,1% en 2000.
11. Les chiffres de World Economic Outlook – Avril 2006 table 3 page 179 et table 6 page. 186
12. voir le § 9
13. World Economic Outlook – Avril 2006 – page XII
14. dans son avant-propos à World Economic Outlook – avril 2006
15. The Economist, 17 juin 2006
16. ex-nova civitas de Boudewijn Bouckaert, maintenant dirécteur de la cellule de reflexion ‘independente’, Itinera Institute, et lecteur en droit ‘sociale’ à la U-Gent et la VUB. Il utilise les mêmes argupments que le Vlaams Belang à son congrès économique
17. ce chiffre date de 2001
18. collaborateur scientifique au centre de recherche sociologique.
19. Le taux d’intérêt réel: c’est le taux d’intérêt – le prix de l’argent – moins l’inflation. S’il est plus bas que l’ inflation, alors on parle d’un taux d’intérêt réel négatif.
20. De Tijd cartes blanches du 27 et du 29 juin 2006
21. De Tijd – 6 juillet ’06: “bedrijven betalen in 2050 geen belastingen meer”
22. De Tijd – 4 juillet ’06: “Duitsland en Nederland verlagen bedrijfsbelasting” en “onze notionele intrestaftrek is concurrentieel”.
23. De Tijd – 28 juin ‘06: ‘”overnamemarkt robuuster dan in 2000”
24. voir le rapport annuel de la Banque Nationale de Belgique – BNB 2005, table 2


25. America’s Total Debt Report -Grandfather Economic Report series
26. voir le rapport annuel de la Banque Nationale de Belgique – BNB 2005, table 3
27. Cash.be 21/09/2006 « l’évolution de l’index du Office of Housing Enterprice Oversight indique que les prix des immobiliers aux EU montent à leur rythme le plus bas en 6,5 années. Au deuxième trimestre la croissance n’était plus que 4,7% contre 8,8% au premier trimestre. Le sommet à été atteint durant le 4ème trimestre de 2004, avec une croissance de 17,8%.
28. l’inflation sans tenir compte de l’ alimentation et des carburants.
29. De Tijd – 14.06.’06 “ De trend is uw vriend niet meer”
30. De Tijd – 14.06.’06 “Einde verkoopgolf nog niet in zicht”
31. Le Soir 30.06.’06 “Et de dix-sept pour la Fed”
32. Le déficit budgétaire aux Etats-Unis était de -4,7% du PIB en 2004 et a baissé en 2005 à -3.7% du PIB, mais cela était exclusivement du à une mesure unique. Les entreprises américaines furent incités à rapatrier leurs profits grâce à une mesure fiscale avantageuse qui prenait fin en 2005 – voir le rapport annuel de la Banque Nationale de Belgique de 2005.
33. Le monde 16 juin 2006 “Chine – Etats Unis L’ère de l’interdependance
34. Roubini Global Economics Monitor, selon eux-mêmes la source d’information principale sur l’économie macro et les sujets géostratégiques – l’interview à été publié par De Tijd le 8 juin 2006
35. De Tijd 20/07/06: “Regering heeft geeen idee hoeveel oorlog tegen terrorisme kost”
36. Le Monde 16.06.06 : “L’opinion américaine s’inquiète, l’administration Bush transige”
37. Sur la politique impérialiste des Etats-Unis, voir The Socialist 445 “US-empire in crisis”
38. The Independent 24.05.06, comme cité dans The Socialist du 22-28.06.06
39. NRC-handelsblad 17.06.’06 “Macht milities breidt zich uit”
40. Het Laatste Nieuws 11.06.’06 “Islamitische rechtbanken in Somalië verheugd over voorstel VS”
41. Sur l’Amérique Latine voir Socialism Today nr. 102 “Latin America in revolt against neo-liberalism”
42. Voir De Tijd 28.07.’06 “Oliegiganten verpulveren weer records”
43. Cash.be le 21/09/2006
44. De Tijd 18.07.’06 “Dure olie doet VS pijn”
45. ING Monthly Forecast Update 08.06.’06: “Het einde is in zicht” p 2

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