Stop au backlash et aux politiques ultralibérales !

Stop aux attaques contre les droits des femmes !

Durant des années, certains nous ont asséné que les luttes pour les droits des femmes appartenaient au passé, et qu’une égalité était à présent acquise. Rien n’est plus faux, la position de la femme dans la société est toujours restée précaire malgré une égalité « officielle » ou apparente. Et aujourd’hui, globalement, les conditions de vie des femmes sont mêmes en régression, quand ce n’est pas carrément l’égalité de principe des femmes qui est remis en question.

Aux Etats-Unis, en Hongrie, Pologne, Italie… ces dernières années ont vu plus de pays régresser sur le droit à l’avortement que d’avancées !  Dans le cas de certains pays, ces régressions impactent également des minorités dans la sociétés, comme les LGBTQIA+, dont le simple droit d’exister n’est parfois même pas reconnu.

Ce backlash, cette volonté de retour en arrière culturel brutal, ces discours de racisme et sexisme décomplexés, cela ne vient pas de nulle part. Il prend racines dans une société aux abois. Le système capitaliste, en crise permanente depuis 20 ans, ne cesse de tout détruire autour de lui : crise économique, sociale, environnementale. Aujourd’hui, la guerre, le chaos et la violence sociale sont les nouvelles normes de ce système pourri.

Le second mandat de Trump est un coup d’accélérateur pour ce backlash, entraînant avec lui toute une série de politiciens réactionnaires à travers le monde, comme De Wever ou GLB en Belgique, que ce ne sont pas des organisations ouvertement d’extrême droite. Pour tous ces gouvernements au service de l’élite économique, il s’agit de trouver des boucs émissaires pour justifier les maux de la société tout en assurant la pérennité de leur système d’exploitation économique. L’essort du masculinisme sur les réseaux sociaux a un intérêt : si tout va mal aujourd’hui, ce serait à cause des féministes, et non du système dans lequel nous vivons. Les conseillers de Trump ont décrit cette stratégie idéologique de façon directe : « il faut inonder de merde nos adversaires pour pouvoir faire notre business ».

Ces dirigeants politiques ont peu de considérations pour nos conditions de vie, et sont systématiquement des tenants de politiques ultralibérales en plus de pratiquer du backlash. Leurs politiques mettent sous pression nos salaires, notre temps de travail, augmentent notre flexibilité, fragilisent notre sécurité d’emploi. Nos services publics et « l’état providence » sont démantelés. Le coût de la vie augmente, ce qui se traduit en un appauvrissement croissant.

Ces politiques ont pour but de servir les intérêts du monde patronal et des ultra riches. Cela se traduit en véritables attaques sur les conditions de vie et de travail de tous les travailleurs, parmi lesquels les femmes se trouvent en première ligne. Une politique antisociale signifie pour elles un phénomène de double peine : elles payent le prix de ces attaques en tant que travailleuse ; et une seconde fois en tant que mère, fille, épouse/conjointe… Dans une société en effondrement social, le prix des dégâts collatéraux reviendra en majorité aux femmes. En Belgique, les coupes de subsides dans les asbl qui viennent en aide aux plus précaires (logements d’urgence, aide à la réinsertion sociale), la suppression du chômage pour personnes accompagnant un enfant/parent handicapé, … se répercuteront plus violemment sur les femmes.

Le backlash et l’ultralibéralisme sont les deux faces d’un même système. Les deux sont liés, se nourrissent l’un de l’autre et ont la même racine : le capitalisme. Nous devons réagir de façon tout aussi conséquente : dénoncer les politiques ultralibérales ne peut se faire sans dénoncer le backlash et vice-versa.

L’affaire Epstein montre une nouvelle fois la manière dont l’élite économique instrumentalise le sexisme quotidien en un système d’exploitation. Ce système ne peut résoudre aucun des problèmes de la société, mais au contraire les renforce et les entretient. Il n’y a aucun changement à attendre venant des élites.

Face à ce système capitaliste et ces régimes, nous devons construire dans notre camp la solidarité dans la diversité. Notre camp, c’est celui des travailleurs et des opprimés, toutes celles et ceux qui subissent au quotidien l’exploitation et l’oppression de ce système. La propagande et le poids des idées d’extrême-droite dans la société est pesant, nous devons mener des campagnes d’informations dans le cadre de nos mobilisations pour ne pas tomber dans les pièges de la division, du repli sur soi, et arriver à combattre activement la division et construire l’unité dans les luttes pour nos droits et nos acquis !