L’Arizona doit partir ! Stop aux attaques, allons chercher l’argent là où il se trouve

Quand De Wever parle de prospérité, il vise uniquement les profits des super-riches. Les travailleurs, les pensionnés, les chômeurs, les malades et les usagers des services publics sont réduits à des postes de coûts. Pourtant, ce sont les travailleurs qui font tout tourner et qui créent de la valeur avec les richesses naturelles.

Pour éviter d’en parler, on pointe des boucs émissaires. Le résultat est la politique la plus d’extrême droite depuis des années. Aux États-Unis, nous voyons ce que cela signifie : une violence brutale contre les travailleurs issus de l’immigration et contre tous ceux qui ne rentrent pas dans leur cadre. L’extrême droite roule pour les milliardaires de la tech et mène à encore plus d’inégalités. Lors du prestigieux sommet industriel de De Wever à Anvers, le patron d’Ineos, Jim Ratcliffe, s’en est pris aux migrants et aux allocataires, tout en absorbant lui-même 120 millions de livres de subventions publiques britanniques.

Les patrons se sentent forts, leurs politiciens mènent une politique de démantèlement sans précédent. L’avalanche d’attaques contre notre niveau de vie (pensions, protection sociale, …) va si vite que l’Arizona a du mal à tout faire passer à temps dans la loi mais annonce déjà la prochaine salve : encore 3 à 4 milliards d’euros que De Wever veut trouver d’ici l’été. Pas auprès des entreprises où les bénéfices bruts restent très élevés, pas dans les milliards de subsides aux entreprises, mais une fois de plus dans nos poches.

Quelques chiffres suffisent pourtant a indiqué qu’il n’y a plus rien à aller chercher dans nos poches :
– depuis 1995, notre productivité a augmenté de 28 % alors que nos salaires bruts réels n’ont progressé que de 12 %. Nous nous tuons de plus en plus au travail et ceux qui tombent malades sont traités de profiteurs.
– les marges de bénéfice brut restent importantes : en 2025, elles représentaient 43 % de la valeur ajoutée.
– les réductions de cotisations et les subsides salariaux (lire : cadeaux au patronat) ont atteint 16 milliards d’euros l’an dernier.

D’ailleurs, il suffit de voir que les attaques répétées contre nos conditions de vie et de travail ne permettent jamais de résoudre les problèmes budgétaires… L’idée selon laquelle nous vivons depuis trop longtemps au-dessus de nos moyens n’est qu’une fable !

Cela va si loin que le néolibéral endurci et ancien « baby-Thatcher » Verhofstadt affirme que « l’inégalité est devenue excessive » et qu’il est impossible pour les salariés de devenir riches. Mais les dogmes libéraux ne sont pas abandonnés. Face à la crise industrielle, on pointe nos salaires du doigt alors que la nationalisation du secteur de l’énergie reste taboue. Le fait que les salaires ne représentent que 8 % des « coûts » dans une entreprise à forte intensité énergétique comme BASF montre clairement que cette politique est vouée à l’échec.

Le problème ne se situe pas dans la classe travailleuse. Tandis que les capitalistes prédateurs se battent entre eux à l’échelle mondiale pour plus de profits et l’accès aux matières premières, c’est nous qui en payons le prix. Ils se sentent tout-puissants, mais nous avons la force de les arrêter. Nous faisons tout tourner, nous pouvons aussi tout arrêter. Pour cela, nous avons besoin de tous nos collègues, amis et connaissances. Une stratégie est nécessaire pour les entraîner dans la lutte. L’enjeu est clair : soit la misère sociale et la montée de la violence d’extrême droite, soit une société au service de la classe travailleuse dans toute sa diversité.

Construisons un plan d’action pour gagner

Se contenter de quelques miettes tombées de la table – en réalité surtout des atténuations limitées des attaques – ne peut pas être l’objectif. S’en satisfaire minimise la gravité des attaques qui passent actuellement et provoquent de la misère sociale. Nous avons besoin d’un plan d’action pour gagner, pour faire partir le gouvernement Arizona et pour poser les bases d’une politique fondamentalement différente, et donc d’un autre type de société.

Le gouvernement n’écoute pas notre protestation. Il le fait de manière particulièrement bruyante et agit avec arrogance pour écraser la résistance, au besoin par la force. Sur ce terrain non plus, Vooruit ne fait pas la différence au sein d’Arizona. À Anvers, la figure de proue de Vooruit, Beels, monterait volontiers lui-même dans le cockpit du canon à eau contre les manifestants pro-palestiniens. Le droit de grève est lui aussi attaqué.

Les médias traditionnels suivent le mouvement et se pâment devant De Wever et ses alliés. Une partie de nos collègues se laisse prendre par la propagande. Racisme, sexisme, individualisme, reproches envers les chômeurs et les malades et rhétorique anti-grève gagnent du terrain. Que mettons-nous en face ? Il est positif que le président de la FGTB, Engelaar, ait facilement accès aux médias. Mais il faut plus, et quelque chose de collectif. Une vaste campagne d’information serait le minimum.

Car dès qu’il est question de dénoncer nos problèmes réels, nous trouvons un écho autour de nous. Tous les sondages indiquent qu’une large majorité des travailleurs refuse de travailler jusqu’à 67 ans. Pour beaucoup, ce n’est pas une question de volonté, mais de capacité. Une réponse efficace permet de refouler la propagande du gouvernement. Le présentateur déconnecté Schols a été remis à sa place dans « De Afspraak » par Soundos El Ahmadi : là où l’establishment considère le sexisme comme un problème résolu (ou ne l’évoque que pour semer le racisme), la vague de témoignages sur le sexisme quotidien montre la réalité vécue par des dizaines de milliers de femmes.

Une vaste campagne d’information avec un bilan de la politique désastreuse actuelle et des propositions pour faire autrement peut rendre consciente ce qui est aujourd’hui souvent ressenti de manière diffuse. C’est ainsi que nous irons à contre-courant de la tendance à tout individualiser. Au lieu de nous laisser plumer chacun de notre côté, nous ripostons collectivement ! C’est d’autant plus nécessaire que la droite et l’extrême droite menacent la vie humaine sur la planète de multiples façons (catastrophe écologique, guerre, génocide, violence…).

Construire la lutte ne se fait pas avec des actions ponctuelles répétées sans cesse, mais avec un plan d’action, qui allie campagne d’information et mobilisations pour créer le rapport de force. Aujourd’hui, il manque une stratégie. Un plan d’action implique des actions qui mènent à la suivante en impliquant davantage de collègues, en mobilisant des groupes, en offrant une perspective de victoire. Les réunions du personnel, les assemblées générales et les discussions collectives sur nos actions futures et nos revendications nous rendent plus forts. À cet égard, la défense de revendications claires est un outil utile. Nous ne voulons pas seulement l’abandon des attaques contre les pensions, mais aussi des conditions de travail acceptables, avec par exemple l’ancienne revendication syndicale d’emplois de fin de carrière pour tous à partir de 55 ans, la retraite anticipée à partir de 60 ans et l’âge légal de la retraite immédiatement abaissé à 65 ans (suivi d’autres abaissements par secteur et pour les professions pénibles). La revendication d’un impôt sur la fortune montre clairement où nous cherchons l’argent : pas dans nos poches. Nous avons besoin de revendications et d’un programme qui partent des besoins de la classe ouvrière, et non des contraintes budgétaires imposées par les capitalistes.

Nos revendications sont modestes : tout doit changer. Il faut une société dans laquelle les intérêts de la classe travailleuse, dans toute sa diversité, sont centraux. Cela signifie des salaires plus élevés, plus de protection sociale, beaucoup plus de services publics (enseignement, soins, transports publics…), un plan démocratique pour la transition écologique… Pour cela, nous devons reprendre le contrôle de la société des mains des capitalistes. La propriété publique et le contrôle démocratique des principaux moyens de production, voilà ce que défendent les socialistes.